JEÛNE ET DÉTOXINATION


1°/ LE JEÛNE POUR SE DÉTOXINER
(article de Nicolas Gozzi-Ostaptchouk, paru dans BioContact - janvier 2007)


Les cellules qui composent notre organisme baignent trop souvent dans un milieu chargé en toxines : c'est la toxémie. Pour se nettoyer, le jeûne hydrique en paliers alimentaires et un outil simple et efficace.
La marche normale de l'organisme produit de l'énergie à partir des nutriments et dégrade ceux-ci à l'état de déchets toxiniques.
La diète n'apportera guère plus qu'un repos physiologique très court, car au-delà d'un certain seuil, elle risque d'être très violente pour l'organisme. En effet, au-delà de ce repos physiologique, généralement au bout de deux ou trois jours, un afflux important de toxines risque de vous rendre sérieusement malade. Plus vous serez toxémique et plus cet effet sera fort : maux de tête, vomissements, vertiges, évanouissement … Il faut donc éviter de faire des diètes de plus de deux jours.
Voilà pourquoi il vaut mieux aborder ce grand nettoyage interne par le jeûne hydrique en observant des paliers alimentaires.
Lorsqu'on ne mange plus, le corps se nourrit de ses propres réserves. Le jeûne consiste donc à s'abstenir de nourriture. Seul le jeûne hydrique doit être pratiqué, car le manque d'eau deviendrait dangereux au bout de quelques jours provoquant des destructions graves au niveau rénal. Le jeûne hydrique peut durer plusieurs dizaines de jours sans occasionner de risque. La limite du jeûne hydrique étant celle de l'utilisation raisonnable des réserves de l'organisme, car au-delà, le corps dépérit : c'est le stade de l'inanition.

L'autolyse
Dès que nous entrons dans la phase du jeûne, l'organisme démarre ce qu'on appelle le principe d'autolyse, les réserves de l'organisme sont utilisées par les cellules après qu'elles ont subi des transformations digestives semblables à celles qui se produisent dans le tube digestif. Ainsi les graisses sont transformées en acides gras assimilables, les protéines en acides aminés, le glycogène en glucose. Ce phénomène de digestion interne des tissus, réalisé hors du tube digestif par des ferments (enzymes) provenant de cellules elles-mêmes est appelé autolyse.
Au cours du jeûne, la volonté subconsciente exerce un contrôle sélectif sur les processus d'autolyse des divers tissus utilisés. Ce sont les graisses et les excroissances morbides qui sont en premier lieu transformées puis utilisées. Les réserves de glycogène, amidon complexe, seront transformées en sucres simples, seuls directement assimilables au niveau cellulaire. Les réserves musculaires riche"s en protéines seront transformées en acides aminés. Seuls les minéraux oligo-éléments et vitamines ne subissent guère de transformation : ils sont seulement désaffectés d'une première utilisation pour être réemployés en un autre lieu. Par exemple, le calcium peut être retiré de la dent pour être introduit dans la circulation sanguine générale en cas de carence calcique.
Le processus de l'autolyse est contrôlé par l'organisme. Il permet les transformations qui se produisent dans l'organisme de la naissance à la mort. Il régule constamment les processus de vie tant en situation d'alimentation qu'en période de jeûne.

La destruction des tissus anormaux
Les tissus anormaux ne sont pas que des croissances transitoires élaborées par un organisme qui les produit en compensation d'une situation toxémique excessive. Ces croissances anormales présentent une vitalité moindre que les tissus normaux : de ce fait, elles seront plus facilement détruites par autolyse. Ce processus nécessite certaines conditions. Tout d'abord l'organisme doit diminues son niveau toxémique, ce qui se produit lors d'un jeûne hydrique.
En effet, les nutriments mobiles, glucose, acides aminés, acides gras doivent se raréfier pour qu'il soit fait appel à ces tissus anormaux. Par ailleurs l'organisme doit disposer d'un niveau énergétique satisfaisant pour que les divers processus enzymatiques puissent s'effectuer. Ainsi par l'autolyse, des tissus anormaux tels des excroissances tuméreuses peuvent disparaître, et certains de leurs éléments constitutifs servent d'éléments nutritifs aux tissus sains de l'organisme. Des grosseurs ou des dépôts peuvent ainsi être réduits ou disparaître par autolyse.
Cependant ce processus a ses limites car il ne peut pas être opérationnel sur certaines parties du corps : par exemple une très grosse tumeur peut ne pas être complètement autolysée au cours d'un seul jeûne. Dans ce cas, il faudra faire plusieurs jeûnes successifs.
Après la période de destruction des tissus anormaux, la désintoxication cellulaire se met en route, les déchets de la fonction de nutrition des cellules sont normalement rejetés hors de celles-ci dans la lymphe puis le sang qui les transporte jusqu'aux organes excréteurs, dont notamment le foie et les reins. Là, ils sont transformés et transportés jusqu'aux organes évacuateurs comme la vessie. Ce phénomène de désintoxication cellulaire est donc amplifié au cours d'un jeûne.

Le jeûne organique
Si le jeûne se poursuit dans le temps, on entre alors dans une autre phase de nettoyage plus profonde de l'organisme, celle de la remise en ordre des organes : c'est le jeûne organique qui dure pendant les deuxième et troisième semaines de jeûne. Pendant cette phase, l'amaigrissement se poursuit, entraînant la disparition des matériaux inertes, inutiles, voire dangereux. Le nettoyage organique s'effectue principalement dans les organes excréteurs, reins, foie, poumons, peau qui sont les premiers encrassés par les toxines.
Les pertes de poids durant le jeûne sont sélectives, et ce n'est qu'en phase d'inanition qui succède au jeûne que les organes vitaux risquent d'être touchés. Naturellement, il ne faut pas pénétrer dans cette phase, il est important de déterminer un poids limite de sécurité avant d'entreprendre un jeûne. Les rénovations s'enchaînent selon la durée du jeûne : après les organes excréteurs (reins, foie, poumons, peau), c'est au tour de l'appareil digestif, comprenant la bouche, l'œsophage, l'estomac, les intestins, le pancréas, le foie.
Le jeûne provoque la mise au repos de l'appareil digestif. Et c'est en cas de troubles digestifs divers que l'abstinence de nourriture fera le plus grand bien. En effet, l'appareil digestif subit, particulièrement chez les habitants des pays industrialisés, un surmenage parfois inimaginable. Il reçoit toutes sortes de substances et de nourritures mal associées, qui l'altèrent gravement. Selon la durée du jeûne entrepris, notre instinct somatique va programmer ses ordres de réparation et d'élimination. Feront partie de ce programme les appareils cardiovasculaire et nerveux, les systèmes glandulaire, génital, locomoteur et sensoriel.

Les contre-indications
Hormis certains cas, il n'y a pas pour la grande majorité de contre-indications à jeûner, pas plus qu'il n'en existe pour respirer, se nourrir, se reposer ou faire de l'exercice. Bien au contraire, la répétition des jeûnes courts puis, ultérieurement, l'expérience d'un jeûne long offrent les meilleures chances d'acquérir et de maintenir une excellente santé.

Les paliers alimentaires, c'est la prudence
Pour résumer, il faudra impérativement que le jeûne soit hydrique et conduit par paliers alimentaires. La sortie du jeûne ne doit pas être brutale, on devra aussi observer un retour par paliers vers un rythme alimentaire choisi. Il est conseillé d'entreprendre ses premiers jeûnes sur des courtes périodes. Les paliers alimentaires servent à diminuer progressivement l'alimentation jusqu'à la phase liquide, vous serez alors entré dans le jeûne hydrique.
Par exemple : on peut pratiques ces paliers trois jours, être en phase de jeûne hydrique trois jours et remonter en paliers alimentaires vers l'alimentation de votre choix pendant trois jours. Voilà ce qui semble raisonnable pour un candidat jeûneur débutant. Les intersaisons sont idéales (automne, printemps) pour entreprendre un jeûne. Avec une pratique régulière, le seuil de toxémie de l'organisme va se rapprocher de la normale et on évitera d'entrer dans la phase d'énervation, qui conduit directement à la maladie.
Ce nettoyage ne se fait pas d'une manière désordonnée. Le subconscient programme cette élimination et il n'est pas sage de s'y opposer ou de vouloir l'accélérer. La règle d'or consiste à amener cette élimination à un niveau satisfaisant pour rénover la santé, mais également à éviter tout emballement incontrôlable qui se révèle dangereux pour l'organisme.
Le jeûne n'est pas un traitement, il peut être pratiqué en l'absence de troubles. Il favorise la réduction de la toxémie et, ce faisant, consolide la santé. L'élimination des toxines au cours du jeûne représente le facteur primordial de régénération de l'organisme.

 

 

 

2°/ LA DÉTOXINATION PAR PALIERS - Principe des paliers alimentaires

Une fois la toxémie excessive identifiée et le désir de détoxiner bien ancré dans la tête, reste à connaître la méthode de détoxination qui apportera les meilleurs résultats.

Je vais vous présenter la méthode de détoxination que je pratique régulièrement avec mes stagières, lors de séjours de détoxination.

Elle a été suivie par les milliers de personnes par le monde, ce qui garantit les conclusions que je vais exposer.

L'alimentation a pour objectif de nous assurer des forces suffisantes et un poids satisfaisant. Il existe donc toujours un équilibre entre la ration alimentaire et l'aspect pondéral. Ainsi, la suralimentation entraîne généralement un excès de poids, et la sous-alimentation a l'effet inverse. Tout ceci en tenant compte de l'hérédité de chacun.

Donc, le premier principe à connaître est l'existence d'un équilibre entre ration alimentaire et aspect pondéral.

Lorsque nous diminuons le régime alimentaire, la première conséquence est un allègement de la digestion du repas consommé.

L'énergie vitale non utilisée pour digérer est généralement affectée à la fonction d'élimination des toxines. Celles-ci sont donc rejetées d'une manière plus efficace. Ces rejets toxiniques provoquent une perte de poids.

Dans le nouveau régime alimentaire, restreint, on observera ainsi une perte de poids quotidiennement. Mais lorsqu'une part importante de toxines aura été évacuée dans ce premier régime restrictif, on aboutira au bout de quelques jours, habituellement, à une stagnation du poids : c'est ce nouvel équilibre ration alimentaire réduite et nouveau poids stable que nous appelons palier alimentaire.

En pratique, on procède alors à une nouvelle restriction alimentaire qui aboutira au bout de quelques jours à un nouvel équilibre pondéral. Puis on restreint à nouveau l'alimentation jusqu'au stade de liquides que nous conserverons toujours.

Je suis opposé au jeûne sec qui risque d'endommager les reins si l'organisme, pour diverses raisons, ne restitue pas suffisamment d'eau, à partir de ses tissus, pour satisfaire le filtre rénal.

Voici donc établie la base de la détoxination par paliers.

Il y a bien des années, maintenant, la conduite d'une cure de détoxination était comme toutes les autres : on proposait une réduction alimentaire estimée raisonnable intellectuellement, puis on jeûnait.

Tout le monde disait : "ce sont les trois premiers jours les plus difficiles". Forcément, l'accélération de l'élimination était trop vive et cela se traduisait par la survenue de symptômes souvent violents (céphalées, nausées, douleurs aux reins, etc.). La douleur était parfois difficilement soutenable, mais ce n'était pas le pire.

En effet, au cours de l'intense élimination qui s'installait, les organes excréteurs (foie, reins, poumons, peau) étaient sollicités excessivement, parfois au-delà de leurs réelles possibilités. C'est dans ces situations paroxysmales que pouvaient se produire des incidents –voire des accidents- que, heureusement, il est rare d'observer.

Cette violence dans l'élimination apparaît essentiellement chez les personnes très toxémiques. Or ce sont elles qui doivent être le plus protégées.

Avec la méthode des paliers alimentaires, il en va tout autrement. Chaque restriction favorise raisonnablement une élimination convenable. C'est le corps qui décrète du nombre de jours nécessaires pour établir le fameux palier. Et il mène bien son affaire. On descend ainsi d'équilibre alimentaire en équilibre alimentaire, en douceur, jusqu'à la détoxination finale.

Ce fut une révolution dans la manière de détoxiner, plus aucun de mes stagiaires, à ce jour, ne veut désormais procéder autrement. Et c'est toujours selon ces principes de bon sens et de sécurité que je procède actuellement.

Il est impératif de rappeler qu'une cure de détoxination ne s'entreprend jamais seul, elle doit être obligatoirement accompagnée d'un naturopathe d'expérience dans un lieu prévu à cet effet.

Les régimes de détoxination que je préconise sont hygiénistes. Ils tiennent compte de la spécificité des aliments humains, de l'équilibre des rations alimentaires et des compatibilités alimentaires.

 

 

 

3°/ LA CONDUITE DU JEÛNE
Texte de Désiré Mérien

Nous allons ici vous présenter la conduite du jeûne de Françoise, qui a duré 23 jours !

Mais tout d'abord, et avant d'aborder la conduite du jeûne de Françoise, nous souhaitons, dans l'exposé qui va suivre, vous présenter en détail notre manière de procéder pour la conduite d'un jeûne.

PREMIERE PARTIE - LA CONDUITE DU JEUNE

1 – ÉVALUATION DE L'ÉTAT DE SANTÉ
a– les diagnostics

Avant d'entreprendre le jeûne, il est souhaitable d'évaluer l'état de santé. Pour cela divers renseignements peuvent être utiles. Les examens médicaux donnent des informations dont on peut tenir compte.
Les personnes qui souffrent de troubles importants ne devront descendre leurs paliers que très lentement. Elles ne devraient adopter des régimes de désintoxication que dans la mesure où elles sont capables de les soutenir. Au cours d'une première expérience il sera parfois sage de n'utiliser que des régimes alimentaires restrictifs. Le jeûne hydrique étant prévu pour une période ultérieure.
S'il y a prise de médicaments préalablement il faut être prudent dans la décision de cesser brutalement d'en absorber. Les symptômes qui étaient combattus par ces médicaments peuvent brutalement resurgir et empirer, risquent parfois d'avoir des conséquences dangereuses. Si c'est nécessaire, consulter un médecin connaissant également le point de vue hygiéniste sur le développement des maladies. De toute façon, cette rupture éventuelle avec des médicaments ne peut s'effectuer que pas le choix et sous la responsabilité exclusive de celui qui souhaite les abandonner pour tenter de recouvrer la santé par la voie hygiéniste.
Quel que soit le point de vue du "diagnostiqueur" vis-à-vis du candidat, la décision de jeûner sera personnelle.
Même lorsque l'examen ne révèle rien, il faut savoir que le jeûne induira parfois des symptômes anciens ou nouveaux, souvent imprévisibles. De sorte que le jeûne n'est réellement programmable que de jour en jour.
Aussi, quels que soient les diagnostics préalables, il faudra dans les paliers alimentaires tenir compte constamment de l'état de la personne, avant que de décider d'accroître l'élimination en restreignant le régime.

b- les renseignements sanitaires
Voici des renseignements utiles à connaître avant la préparation au jeûne.

  1. les connaissances hygiénistes Il est souhaitable que préalablement à la période de jeûne le candidat s'informe au maximum. Pour ce qui nous concerne en particulier, nous souhaitons que le principe de la technique des paliers alimentaires soit bien connu. Ce qui évite ultérieurement bien des malentendus et parfois des erreurs fort préjudiciables.
  2. l'entourage familial L'importance de l'environnement est primordial. Si l'entourage familial est favorable à la décision de jeûner, le jeûne pourra être tenté dans la famille. Dans le cas contraire, ce n'est pas recommandé. Cela pourrait même créer un empêchement pour le réaliser dans un centre de jeûne. Il est en effet souhaitable que les relations entre le candidat jeûneur et son entourage soient parfaitement claires.
  3. le régime alimentaire Le régime alimentaire utilisé préalablement influe sur la préparation au jeûne. Ainsi cette préparation devrait être plus longue lorsque le régime initial est omnivore. Elle peut se raccourcir lorsqu'il s'agit d'un régime végétarien ou végétalien. De même, il faut progresser lentement vers le jeûne lorsqu'il y a eu consommation préalable de café, thé, alcool ou tabac.
  4. l'activité physique La pratique d'exercices physiques accroît la vitalité. C'est donc un facteur favorable pour évaluer l'état de santé du candidat jeûneur. Inversement, le sédentaire, l'inactif seront généralement en moins bonne santé et il faudra s'attendre à une apparition éventuelle de symptômes. D'où la nécessité dans ce dernier cas de programmer une descente prolongée vers le jeûne.
  5. les antécédents sanitaires : Les antécédents sanitaires et particulièrement les problèmes de santé qui ont existé antérieurement dans la vie du candidat doivent être connus. Au cours du jeûne ces symptômes sont susceptibles de réapparaître pour être dégagés définitivement. L'ordre de leur apparition en cours de jeûne est généralement inverse à l'ordre chronologique suivant lequel ils sont survenus. Il faut savoir aussi que ces symptômes ne revêtent pas l'intensité qui était la leur lors de leur apparition originelle. Le jeûne efface d'une manière définitive les problèmes non entièrement résolus. Et ceci, même si au début du jeûne on ne perçoit plus rien des symptômes antérieurs.
  6. l'état de l'appareil circulatoire. Il y a lieu d'observer si cet appareil est en état satisfaisant pour entreprendre un jeûne hydrique. En cas de difficulté on ne pratiquera que des régimes restrictifs se rapprochant du jeûne hydrique (régime non cellulosique : jus de fruits ou de légumes). Il est souhaitable de préciser notamment l'état des artères, des veines (varices, hémorroïdes).
  7. l'état d'infection. La présence ou non d'un état infectieux doit être précisée en début de préparation au jeûne. En effet, cet état traduit une perte de vitalité et même si le jeûne est généralement conseillé pour réduire les états d'infection, il y aura lieu d'être très progressif dans la recherche des paliers alimentaires. Si l'état d'infection est chronique, il est souhaitable d'en préciser l'historique, notamment pour déceler comment cet état d'infection est passé de la phase aiguë à la phase chronique.
  8. l'état mental : L'état mental influe considérablement sur la conduite du jeûne. Un état serein entraîne une désintoxication normale et progressive et permet au jeûne de se dérouler normalement. Au contraire, un état mental perturbé entrave la marche du jeûne, provoquant parfois ce que nous avons appelé la limitation psychique. Il est donc nécessaire de connaître l'état mental, actuel et passé, et de savoir aussi si des médicaments ont été (ou sont) utilisés pour maîtriser différents états anormaux. On tâchera de préciser notamment les états de tensions ou de blocages avec développement de nervosité, crispation, peur, angoisse, etc. Nous conseillons de réduire les perturbations mentales qui précèdent un jeûne en pratiquant des exercices d'anti-maîtrise, la bio-respiration et la bio-analyse. Nous ne conseillons pas de s'engager dans un processus de jeûne tant que l'état mental n'a pas été correctement éclairci. Par contre, lorsque cela est réalisé, le jeûne viendra parachever un travail de libération psychique effectué préalablement. Dans ces circonstances nous conseillons donc de ne faire que les régimes d'élimination qui précèdent le jeûne et ceci durant tout le temps que dure le travail d'amélioration du psychisme. Cette proposition est également faite dans l'intention de conserver à la personne qui "travaille" une énergie suffisante. En conclusion, beaucoup de progrès sont possibles dans ce domaine sous la stricte réserve d'établir une programmation de régénération judicieuse.
  9. l'état de chaleur des mains et des pieds : L'état de chaleur des mains et des pieds renseigne sur la vitalité. Des extrémités tièdes et sèches indiquent un bon état de santé. Au contraire lorsqu'elles sont froides cela veut dire que la toxémie est élevée et qu'il est nécessaire de ralentir la progression en paliers vers le jeûne. Si de plus elles sont humides, cela indiquera qu'elles effectuent un relais rénal. C'est-à-dire que la fonction de la peau est utilisée pour réaliser l'excrétion qui devrait être faite normalement par les reins. Dans cette situation le jeûne secondaire est nécessaire pour rénover les reins, mais il devra être entrepris très progressivement et peut être reporté à une phase ultérieure après une pratique prolongée des seuls régimes de désintoxication.
  10. les migraines, les maux de gorge, de ventre : Les divers troubles qui existent dans l'organisme indiquent qu'une élimination vive est en cours. Il faut favoriser cette élimination, sans l'accélérer au point qu'elle puisse devenir intolérable. Dans ces situations la toxémie est élevée et surpasse le seuil de tolérance toxinique. La préparation au jeûne hydrique, si on n'est pas contraint de l'adopter immédiatement, s'effectue en utilisant des régimes restrictifs tels le régime cellulosique, ou le régime non cellulosique. Le rôle de ceux-ci est de ralentir le processus d'élimination afin qu'il puisse être toléré. Au fur et à mesure que l'élimination s'effectue, les symptômes s'amoindrissent et il est possible alors d'accéder au jeûne hydrique.
  11. la constipation : La constipation indique que l'organisme est dans une situation sous–énergétique. La préparation au jeûne se fera très progressivement, notamment en utilisant longuement les régimes non cellulosiques (jus de fruits ou de légumes). Il adviendra parfois une selle : ce qui indique que le niveau énergétique s'est élevé. Il est alors envisageable d'accéder au jeûne hydrique.
  12. les douleurs musculaires, crampes, etc. : Ces douleurs sont l'expression de tensions à l'intérieur de l'organisme. Il est souhaitable de les évacuer avant que d'entreprendre le jeûne hydrique. Sinon elles risquent de réapparaître et de s'accroître en cours de jeûne, induisant une limitation psychique qui nécessite souvent une rupture malencontreuse du jeûne.
  13. la fatigue, l'irritabilité : Ces signes indiquent également une situation sous–énergétique, il est préférable alors de ne pas aborder abruptement le jeûne hydrique. La préparation sera très progressive et durant celle-ci il faudra effectuer un travail important de relaxation en utilisant des exercices d'anti-maîtrise et en pratiquant la bio-respiration. Il sera utile de suivre des séances de bio-analyse. Parfois, si l'état de fatigue est trop important, le jeûne hydrique devra être retardé jusqu'à ce que la cause de la perte énergétique soit élucidée. De toute manière les personnes présentant ces signes doivent être conduites avec beaucoup de prudence.
  14. le sommeil : La nature du sommeil fournit de précieux renseignements sur l'état de santé. Un bon sommeil indique que la récupération énergétique est satisfaisante. L'insomnie constitue un symptôme d'altération de la santé : les insomniaques sont des sous–énergétiques. Dans ce cas il est rigoureusement déconseillé d'aborder abruptement le jeûne. En effet, l'insomnie persistante constitue un des signes qui nécessitent l'arrêt ou le ralentissement du jeûne hydrique. Il est donc imprudent de faire jeûner soudainement des insomniaques. Dans ces cas il faudra utiliser des régimes apportant abondamment des sels minéraux (régime cellulosique ou régime non cellulosique). Il sera également profitable de pratique des techniques psycho-corporelles tendant à restituer l'énergie à l'organisme : relaxation, anti-maîtrise, bio-respiration, bio-analyse. Parfois, la seule pratique de ces techniques résout déjà le problème de l'insomnie. Le jeûne sera envisagé ultérieurement. Il viendra alors parachever une action régénératrice conduite progressivement.
  15. l'appétit : La tendance à désirer prendre de la nourriture doit être prise en considération pour la préparation du jeûne. Si le désir de nourriture est très fort, il faudra s'attarder dans les régimes préparatoires tout en pratiquant des techniques telles que l'anti-maîtrise ou la bio-respiration. Cette demande de nourriture peut être un réflexe conditionné ; dans ce cas, le détachement vis-à-vis de la nourriture devra se faire progressivement. Il est dangereux de frustrer un boulimique. Ses problèmes sont plus d'ordre psychologique qu'alimentaire. Et souvent il sera nécessaire d'utiliser la bio-analyse pour les résoudre. Le jeûne hydrique devrait également venir parachever un travail préalable de remise en ordre psychique.

    Conclusion : Nous venons d'exposer quelques situations dont il faut tenir compte dans la préparation au jeûne. Naturellement, il n'est pas possible de tout relater ; il est évident cependant que le jeûne devrait être bien préparé et ne pas être entrepris sans réflexion suffisante. Parlez-en avec votre Hygiéniste Naturopathe.

2 – LES REPÉRAGES EN COURS DE JEÛNE
a– principe de repérages
Lorsque l'on conduit un jeûne, il est souhaitable d'effectuer des repérages qui permettent de mieux comprendre son déroulement. Se pose alors le problème du choix des repérages que l'on décide de faire.
Il serait possible d'utiliser des appareils sophistiqués pour effectuer des repérages plus ou moins utiles. Notre désir étant de présenter une méthode pour jeûner, la plus simple possible, nous avons décidé de ne pas effectuer de telles mesures.
Nous ne ferons donc que des observations que tout un chacun peut faire chez lui simplement ; l'idéal serait d'ailleurs d'arriver, comme le font les animaux, à jeûner en suivant son instinct.
Cependant, comme pour le moment une telle manière de procéder ne serait pas très sûre, nous proposons donc de noter quelques observations en apprentissage de la technique du jeûne par les paliers alimentaires. Les renseignements qu'elles fourniront permettront d'encadrer le jeûne dans une situation d'autocontrôle personnelle et permanente.

b- nomenclature des repérages
La fiche de conduite du jeûne comporte, outre l'identité et les motifs du jeûne, certaines caractéristiques du jeûneur : l'âge, la taille, le poids habituel, le poids normal hygiéniste, le poids de départ en jeûne, le poids de sécurité supérieur, le poids de sécurité inférieur.
Le corps de la fiche proprement dite comprend :

  1. les dates : Il est important et prudent de faire une programmation de son séjour de jeûne. Cette programmation ne sera généralement qu'approximative, mais elle permettra néanmoins de se fixer des objectifs spéciaux.
  2. le poids : C'est une observation primordiale pour la conduite du jeûne et notamment pour l'évaluation des paliers. Pour arrêter le jeûne, il faut tenir compte des poids de sécurité. Tant que le poids du jeûneur se situe au-dessus du poids de sécurité supérieur, il n'y a pas, sauf indications annexes (état de fatigue, etc.) de problème pour la continuation du jeûne. Lorsque le poids se situe entre le poids de sécurité supérieur et le poids de sécurité inférieur, il est nécessaire d'être plus prudent dans sa "consommation" d'énergie (déplacements, expositions au chaud ou au froid, etc.). De toute façon le jeûneur ne devra pas descendre jusqu'à la limite du poids de sécurité inférieur. Il sera sage d'arrêter le jeûne 1kg à 1,5kg au-dessus de ce poids. Ceci parce que l'élimination se continuera et fera descendre encore le poids durant le début de la reprise alimentaire. Lors de la reprise alimentaire, il faut tenir compte aussi de l'augmentation du poids pour régler la quantité d'aliments que l'on consomme. La reprise ne doit pas être trop rapide. Si une moyenne de 300 à 500 g de perte est acceptable en descente vers le jeûne hydrique, un gain d'une même ampleur semble convenable et ne devrait en tout cas ne pas être dépassé. Lorsque le jeûne a été rompu avant que d'être normalement achevé, une légère boulimie peut survenir lors de la reprise alimentaire. Cela provient de l'élimination qui demeure importante en début de reprise : ce qui crée une demande de nourriture pour bloquer les symptômes ou tensions liés à cette intense élimination. Peu à peu, l'alimentation la coupe et la boulimie cesse.
  3. le pouls : Le repérage de la pulsation cardiaque se fait très simplement chaque matin à jeun. C'est également une observation importante pour la conduite du jeûne. Nous proposons cette recommandation : lorsque la pulsation s'accroît il ne faut pas changer de régime dans la descente vers le jeûne. Un régime plus restrictif accélèrerait encore l'élimination et le rythme d'activité cardiaque s'accroîtrait, entraînant une fatigue excessive. Une bonne pulsation en cours de jeûne se situe entre 40 et 70 battements/minute. En dessous de 40 c'est encore meilleur, c'est une situation assez rare. Nous avons observé cependant une pulsation de 33 au cours du jeûne d'un professeur de yoga. Par contre, un pulsation supérieure à 70 indique qu'un "travail" important s'effectue dans l'organisme. Il faut en tenir compte pour réduire les déplacements, les lectures, les expositions au chaud ou au froid, en bref éviter de perdre de l'énergie inutilement. La meilleure situation est alors celle qui consiste à se reposer au lit. Généralement, après une succession d'accroissements de la pulsation liés au travail d'élimination qui s'effectue par phases répétées, le rythme cardiaque se stabilise à son niveau le plus bas. On obtient ainsi la valeur minimale de sa pulsation. Il est évident que le cœur ne peut se reposer qu'en diminuant sa pulsation. Ceux qui ont un rythme cardiaque élevé devraient jeûner pour le réduire. Un rythme cardiaque lent est un gage de longue vie.
  4. les selles : L'observation des selles est importante en cours de jeûne. Les selles existent lorsque l'organisme dispose d'une énergie suffisante pour assumer toutes ses fonctions. Au contraire, l'absence de selles signifie que l'organisme ne dispose pas de l'énergie suffisante, ou qu'il a modifié la distribution de cette énergie dans l'organisme. Dans ce dernier cas, l'énergie est retirée des intestins pour être mise, par la volonté subconsciente, à la disposition des secteurs où le travail d'élimination est nécessaire. Aussi une succession d'absences de selles dans les régimes restrictifs qui précèdent le jeûne hydrique correspond à la mise en route d'une élimination toxinique intense. L'absence de selles se produit presque immédiatement chez les grands toxémiques. Les bien-portants ont souvent des selles au cours de la préparation des paliers alimentaires. Inversement, lors de la reprise alimentaire, le retour des selles signifie que l'élimination est entravée par la prise d'aliments. Certains jeûneurs qui ont pratiqué le jeûne abrupt ont parfois eu des difficultés pour évacuer leur première selle lors de la reprise alimentaire. Cela tient à ce que l'évacuation des selles ne s'est pas correctement produite entre la période où ils s'alimentaient et celle immédiate où ils se sont mis en jeûne hydrique. Au contraire, lors des paliers alimentaires, les selles continuent à être évacuées chez les autres personnes qui possèdent une énergie normale. Si on observe un blocage des selles trop rapide, on peut présumer que la toxémie est importante. Il y aura lieu alors de pratique des modulations alimentaires entre régime associé, régime cellulosique et régime non cellulosique pour favoriser une élimination toxinique non brutale. La période de jeûne étant abordée ultérieurement dans de meilleures conditions énergétiques, les selles reviendront alors normalement au moment de la reprise alimentaire. C'est ce que nous avons observé chez ceux qui pratiquaient le jeûne par paliers alimentaires, d'une manière satisfaisante. Si l'existence de la selle est liée à la quantité d'énergie vitale dont dispose l'organisme, et à la manière de la distribuer, l'aspect de la selle permet d'en préciser sa nature. Une selle moulée et inodore représente la terminaison d'un transit intestinal normal. Au contraire, une selle liquide et putride correspond à une évacuation forcée qui indique qu'un travail d'élimination toxinique intense est en cours dans le corps. Des selles caillouteuses signifient que l'organisme redistribue passagèrement de l'énergie sur les intestins pour éviter un engorgement qui risque de lui devenir préjudiciable. L'observation des selles permet donc de mieux comprendre comment doit s'effectuer la préparation au jeûne et le déroulement de celui-ci.
  5. l'urine : L'observation de l'urine donne également des informations intéressantes. Une urine abondante signifie, compte tenu que la prise de boisson est suffisante, que l'élimination s'effectue normalement par les reins. Au contraire, une rétention d'urine indique souvent un problème au niveau rénal. Il n'est pas souhaitable de boire de plus grandes quantités d'eau dans ce cas : boire normalement sans plus. Le seul moyen, pour les reins comme pour le cœur, de se rénover est de fonctionner au ralenti : s'ils décident de le faire, respectez cette décision en ne les surchargeant pas excessivement de liquide. Nous ne sommes cependant pas partisan du jeûne sec, car les reins ont besoin constamment d'un minimum d'eau. Si on ne leur apporte pas cette eau, elle sera retirée des tissus du corps, et si cette restitution se fait mal ou insuffisamment, il peut y avoir des problèmes au niveau rénal. La sagesse est de boire ni trop ni trop peu. Un apport minimal de 20 à 30 centilitres d'eau est nécessaire par jour de jeûne. L'urine a un aspect différent suivant l'intensité de l'élimination toxinique. Si celle-ci est légère, l'urine est claire. Sans le cas contraire, elle s'épaissit. L'observation de l'aspect de l'urine permet donc d'estimer la croissance de l'élimination en cours de jeûne, puis de visualiser également sa diminution vers sa fin. En particulier, il nous semble recommandable de prolonger les paliers en régimes restrictifs lorsque l'urine apparaît très colorée et malodorante. Cela indique que le niveau d'élimination est élevé et il est raisonnable de ne pas provisoirement l'accélérer en optant trop rapidement pour le jeûne hydrique. Une élimination très intense sollicite l'organisme vigoureusement et il est raisonnable de limiter son activité pour ne pas l'éprouver au-delà de ses limites.
  6. la langue : L'état de la langue en cours de jeûne est riche d'enseignement. Une langue chargée est significative d'une élimination toxinique intense. Si la langue se charge intensément en préparation de jeûne, on peut considérer que l'élimination est suffisante et qu'il n'y a pas lieu de l'accélérer en accédant trop vite au jeûne hydrique. L'état de la langue permet donc de programmer la préparation au jeûne. A la sortie de jeûne, la langue deviendra propre si l'expérience est poussée à son terme. S'il y a rupture prématurée, la langue peut demeurer chargée pendant un temps plus ou moins long. On en tirera la conclusion que le corps n'a pas fini de se purifier et qu'il faudra recommencer ce travail ultérieurement. La langue constitue donc une sorte de miroir de l'activité d'élimination toxinique qui existe à l'intérieur de l'organisme.
  7. l'haleine : Une haleine fétide indique qu'une élimination toxinique importante se produit par l'intermédiaire des voies respiratoires. Parfois l'haleine malodorante existe même en alimentation réduite. Cela indique que le niveau toxémique de l'organisme est élevé. Il faudra donc laisser ce nettoyage s'effectuer progressivement, sans chercher à l'accélérer excessivement en décidant de se placer prématurément en jeûne hydrique. Parfois l'odeur de l'haleine demeure désagréable tout le long du jeûne. C'est le signe que celui-ci doit être continué, en principe jusqu'à ce que cette odeur, parfois nauséabonde, cesse d'elle-même, si, bien sûr, aucune autre raison n'oblige à cesser le jeûne. Lorsque l'haleine redevient fraîche, c'est que le travail d'élimination s'achève.
  8. le sommeil : Le problème du sommeil en cours de jeûne mérite d'être explicité. Certains dorment bien. Ce sont ceux qui ont généralement un état de santé satisfaisant. Mais d'autres ont des difficultés à s'endormir, ils déclarent alors que le jeûne ne leur convient pas : c'est une erreur d'appréciation. Ceux qui ne dorment pas sont très toxémiques et l'évacuation de cette toxémie est si intense que le sommeil s'en ressent. C'est ce qui se produit par exemple lorsque s'installe une rage de dents fort vive. Si le sommeil est difficile à obtenir, il ne faut pas accélérer le processus d'élimination. En particulier nous recommandons de demeurer dans les régimes préparatoires au jeûne, aussi longtemps que l'insomnie persiste. Si celle-ci survient en plein jeûne hydrique, il faut tenter de la supporter. Si l'élimination intense se ralentit, le sommeil peut revenir naturellement. Sinon Il faut ralentir le travail en prenant du sucre simple sous forme d'eau sucrée, par des fruits secs sucrés (raisins sec, etc. ou miel). Habituellement cette manière de procéder est suffisante pour restituer le sommeil. A notre sens, il ne sert à rien d'être "héroïque" avec soi-même, car cela revient en définitive à imposer une nouvelle violence à l'organisme. On peut aussi, en cas d'insomnie caractérisée, reprendre des sels minéraux sous forme organique en consommant des jus de légumes dilués, ou du bouillon de légumes. Mais si après ces prises de sucre ou de sels minéraux l'insomnie persiste, il faudra rapidement interrompre le jeûne. Ceci concerne des cas extrêmes d'insomnie, rares heureusement. Par contre, de légères insomnies sont fréquentes chez les jeûneurs. Le retour du sommeil indique alors que l'élimination décroît et que l'on s'achemine vers la fin normale du jeûne. C'est un signe intéressant.
  9. les forces : Les forces dont on semble disposer en cours de jeûne sont différentes de celles qui existent en état d'alimentation. L'élimination toxinique plus intensive au cours du jeûne requiert beaucoup d'énergie. Celle-ci est retirée au niveau musculaire, et c'est pour cela que le jeûneur semble perdre ses forces. Il dispose d'autant d'énergie, mais celle-ci est dirigée vers l'intérieur de son organisme. L'inversion des forces est d'autant plus manifeste que l'état de toxémie est important et que la réserve énergétique est faible. Par contre, lorsqu'un jeûneur ne perd pas ses forces en cours de jeûne, cela veut dire qu'il dispose d'une réserve d'énergie importante ; ce qui n'exclut pas cependant que sa toxémie soit élevée. Lors de la reprise alimentaire, les forces reviennent généralement assez vite. Ce retour des forces est d'autant plus ressenti dans le jeûne est arrivé à son terme normal. Au contraire, si la rupture du jeûne s'effectue alors que l'organisme est en pleine élimination, les forces tarderont à revenir. L'impression de force ou de faiblesse de l'organisme révèle donc sa réserve en énergie vitale. C 'est une donnée également modifiable par le travail psychocorporel. Après des séances de relaxation ou de bio-respiration l'énergie circule mieux dans l'organisme. Le bien-être l'envahit et les forces reviennent et durent au cours du jeûne qui peut être entrepris.
  10. les régimes alimentaires : Nous avons déjà présenté les régimes complémenté, associé, cellulosique, non cellulosique, de sécurité, que l'on utilise en préparation ou sortie de jeûne. Nous souhaitons ici exprimer quelques conseils pratiques en vue de leur utilisation. En descente de jeûne, voici l'ordre dans lequel nous proposons de diminuer la ration alimentaire. Si l'on part d'un régime complémenté, adopter le régime associé en retirant les compléments alimentaires. Ensuite, utiliser le régime associé tant qu'il y a une perte de poids notable. Nous estimons qu'une perte de poids est conséquente quand elle est égale ou supérieure à 300g par jour. Une perte de poids de l'ordre de 500 à 600 g semble convenir en début de jeûne. Par la suite, cette perte peut diminuer ou s'annuler même. Lorsque l'on atteint un palier alimentaire en régime associé, on peut soit passer directement en régime cellulosique, soit y parvenir progressivement en retirant d'abord les lipides, puis les glucides et enfin les protides concentrés. Un régime intermédiaire, souvent adopté entre le régime associé et le régime cellulosique, est le régime cellulosique plus protéine : Rc P. Il y a donc possibilité de faire différents jeux pour accroître la progressivité vers le jeûne hydrique. De même, si un jeûneur ne supporte pas les jus de fruits acides dans le régime non cellulosique, il peut absorber des jus de fruits doux ou même remplacer ceux-ci par des jus de légumes crus plus ou moins dilués ou par des bouillons de légumes semi-cuits. L'élimination toxinique s'intensifie à cette période du régime non cellulosique. Il arrive que des jeûneurs consomment de grandes quantités de jus pour stopper inconsciemment cette élimination. Cela n'est pas bon. Il ne faut consommer sous forme de jus que les quantités de fruits ou de légumes que l'on aurait pu absorber cru. Si cette manière de faire ne peut s'effectuer, c'est que la toxémie est grande et que l'élimination se déchaîne. Il vaut mieux, si cela est nécessaire, revenir au régime cellulosique, qui bloquera un peu cette flambée d'élimination et, de ce fait, la rendre beaucoup plus supportable. Inversement, la reprise alimentaire devra être elle aussi très progressive et s'effectuer en tenant compte des paliers inverses. En fin de jeûne, arrêté prématurément, on assiste souvent à des "crises d'après jeûne", c'est-à-dire à des recrudescences de l'élimination (donc des troubles) à la suite de l'ingestion des aliments. Pour que ces crises soient les plus douces possible, il faut pratiquer la reprise la plus longue possible qui permette à l'organisme de continuer sa désintoxication. Lorsque les fruits et légumes entiers arrivent, les selles surviennent. Dès l'absorption des protéines les forces reviennent rapidement. Les pommes de terre seront introduites avant les céréales et les matières grasses en dernier.

Les observations générales
Nous laissons dans le tableau de conduite du jeûne une place pour des observations générales qui seront notées. En particulier pourront être précisées les douleurs diverses qui surviennent alternativement en cours de jeûne, des situations exceptionnelles et momentanées telles la fièvre, les étourdissements, vomissements, éruptions cutanées, aigreurs d'estomac et, d'une manière générale, tout comportement symptomatique qui indique qu'un travail d'élimination toxinique se produit dans l'organisme.

Conclusions
Nous avons présenté des éléments de repérage qui pourront être profitables au jeûneur. Voici en rappel quelques informations destinées à comprendre le jeûne et les périodes de désintoxication et à permettre de les aborder en connaisseur.
Les signes qui apparaissent comme début normal d'une période de désintoxication sont :

  • la langue se charge, la bouche devient pâteuse
  • l'haleine devient forte
  • l'impression de faiblesse musculaire est ressentie, surtout au réveil
  • les sensations de faim, de tiraillement d'estomac, de ballonnements abdominaux, de gaz intestinaux surviennent parfois
  • le poids baisse plus ou moins vite
  • quelques maux de tête peuvent survenir, parfois accompagnés de vertiges, surtout après un lever brusque. Il est donc conseillé de se lever doucement, en plusieurs étapes : couché, assis, debout. Il vaut mieux se lever de côté plutôt que de face.
  • Les extrémités des membres peuvent se refroidir du fait du retrait de l'énergie de la périphérie de l'organisme au profit du travail de désintoxication interne qui s'accentue. Des bouillottes sont souvent utiles pour réchauffer mains et pieds, notamment pendant les périodes froides.
  • L'urine se charge, se colore, peut sentir fort
  • L'absence de selles peut survenir rapidement. Il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Ni purges, ni lavements ne sont donnés avant, pendant ou après le jeûne.
L'apparition de ces symptômes n'est pas systématique et ceux-ci peuvent être plus ou moins accentués.

Voici encore quelques conseils

  • la consommation d'eau : pour favoriser l'élimination des toxines cellulaires, il est recommandé de consommer des eaux minérales provenant de sources différentes.
  • l'exposition au soleil : il est vivement déconseillé de s'exposer au soleil entre 10 heures et 16 heures. Par périodes chaudes, ne pas exposer la tête excessivement. Par contre, à l'ombre d'un feuillage ou quand les rayons du soleil ne sont pas trop violents, les effets du plein air et du soleil seront des agents vitalisants de premier ordre.
  • l'exercice physique : l'exercice physique forcé n'est pas souhaitable pendant le jeûne : les forces étant engagées dans le travail de rénovation interne au détriment passager des muscles volontaires. Néanmoins, l'équilibre intellectuel et psychologique et, partant, le repos de l'organisme sont parfois favorisés par une dépense d'énergie extérieure qui aide à la décontraction et au délassement. Il ne faut pas vouloir appliquer à tout prix la règle "ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre" si cette attitude doit engendrer des idées noires, des tensions psychiques ou de la nervosité, également causes d'énervation.
  • La préparation des jus (régime non cellulosique) : il ne faut prendre sus forme de jus que ce que l'on pourrait absorber sous forme entière (jus + pulpe). Attention, certains se laissent abuser par les jus et consomment des quantités excessives de jus de fruits ou de légumes qui sont préjudiciables à l'organisme. Il vaut mieux ne prendre que le jus d'une seule sorte de fruits à la fois. Pour les légumes il est préférable de ne mélanger au plus que 2 variétés compatibles, si on le désire : exemple = carotte et betterave rouge.
  • L'air frais : il est renouvelé fréquemment, la respiration ample et calme sont de précieux facteurs de bonne réussite du jeûne.

Un dernier conseil : Attention à la conduite des automobiles. Les réactions de l'organisme lors des crises d'élimination peuvent être imprévisibles ; il est donc recommandé de ne pas prendre le volant pendant les phases de grande élimination, à partir du régime d'élimination cellulosique.

Nous espérons que ces recommandations vous seront utiles pour la conduite de vôtre jeûne.

SECONDE PARTIE - LE CAS DE FRANÇOISE

Venons-en à présent à la conduite du jeûne de Françoise.

3 – OBSERVATION SUR LE CAS DE JEÛNE PRÉSENTÉ
Le tableau sur la conduite du jeûne (cliquez ici)
présente des annotations qui concernent le cas illustré par le graphique des paliers alimentaires, au chapitre : "entrée de jeûne".
Nous allons maintenant proposer nos observations, par journée, sur le déroulement de ce jeûne.
Notons que la jeûneuse, Françoise, se présente avec un poids de départ en jeûne de 60 kg, légèrement inférieur au poids normal hygiéniste de 61 kg qui correspond à sa taille de 1,72 m. Sa marge de manœuvre est de l'ordre de 9 kg pour atteindre son poids supérieur de sécurité de 51 kg, et de 15 kg pour aller à sa limite estimée inférieure, vers les 45 kg.
La candidate se présente en déclarant qu'elle a un problème de digestion, notamment des ballonnements intestinaux ; elle déclare également que son sommeil n'est pas très bon. Ces deux informations traduisent déjà un état toxémique qui provoque les troubles décrits.
En effet, un mauvais sommeil correspond à une situation d'élimination toxinique intense qui tend à conserver la personne en éveil. Lorsqu'une grande part de la toxémie est éliminée, le sommeil vient de lui-même, habituellement.
De même le disfonctionnement intestinal annoncé correspond à un "refus" de l'organisme d'effectuer normalement les digestions. Le subconscient souhaite en permanence dériver l'énergie vers le travail de désintoxication. Tant que celui-ci ne se sera pas correctement effectué, la situation demeurera "boiteuse".

première journée
Le poids est à 59,7 kg, soit 300g de moins que le poids annoncé par Françoise. La pulsation est à 60 : ce qui correspond à une situation convenable. Au réveil, il faut enregistrer le nombre de battements cardiaques en une minute avant d'entreprendre la moindre activité qui accélèrera le pouls. Il s'agit en effet de repérer la pulsation la plus basse de la journée.
Le signe "–" dans la colonne "selle" indique qu'il n'y a pas eu de selle. Cela indique que l'élimination est déjà en cours : ce qui est une bonne chose (voir plus haut paragraphe à ce sujet). Cette absence de selle n'est nullement dangereuse et il et regrettable de vouloir provoquer artificiellement une selle. Ce qui ralentirait énormément le travail de désintoxication qui est déjà en cours.
L'urine est abondante, de couleur jaune. Une certaine élimination est en route. La langue est déjà blanche, indiquant que l'élimination était déjà en cours dans la période d'alimentation précédente.
L'haleine normale indique que l'élimination pulmonaire, dans la phase alimentaire, n'était pas particulièrement intense.
Le sommeil noté "M" (mauvais) correspond à l'état fréquent de Françoise. Le "oui" dans la colonne "Forces" indique que l'énergie est encore utilisée au niveau des fonctions relationnelles.
Le régime adopté est le régime associé, composé de fruits frais le matin, de légumes crus, d'un amidon et d'un lipide à midi, et de légumes "décrudits" accompagnés de protéine le soir.
L'absence de médicament est souhaitable pour entreprendre un processus de désintoxication et de rénovation. S'il y a prise de médicaments, il faut étudier avec un médecin (si possible hygiéniste) les possibilités de les diminuer, puis de les abandonner sans engendrer des crises trop dangereuses. Parfois ce choix de les abandonner pour opter pour la voie hygiéniste est un choix et un pari personnels, que nul ne peut faire à votre place. Il apparaît tout à fiat exclus d'envisager un jeûne s'il y a consommation de médicaments. Ceux-ci brident en effet les crises de maladie, alors que le jeûne favorise leur développement pour aller vers l'état de santé, si le jeûneur n'est pas placé en situation irréversible, ce qui est rare, mais probable parfois, d'où la difficulté pour décider de jeûner dans certaines conditions.
Françoise note des ballonnements intestinaux, ce qui correspond à son état habituel.

deuxième journée
La pulsation augmente de deux points : ceci indique une accélération de la désintoxication. Une perte de poids de 400g le confirme également. Le régime associé sera conservé ; les selles sont absentes ; l'urine moins abondante, toujours jaune. La langue est blanche et l'haleine encore normale : l'évacuation des toxines est plutôt d'ordre intestinal que pulmonaire.
Le sommeil est noté "P", donc légèrement meilleur qu'au cours de la nuit précédente. Les forces "oui" demeurent encore. Françoise sent sa bouche devenir pâteuse : c'est l'accélération de l'élimination par les voies digestives, ce qui correspond bine à son problème de digestion.

troisième journée
La pulsation grimpe légèrement (64). Parfois, elle peut atteindre 80, 90 et même au-dessus de 100 en cas de tachycardie. Notons que nous ralentissons alors l'accélération de la crise en la retardant par la prise de nourriture en quantité légère, solide ou liquide, si cela s'avère possible. C'est d'ailleurs l'utilité des paliers alimentaires que de modérer l'intensité des crises, de façon à les rendre supportables au jeûneur. Notons que ces crises seront d'autant plus intenses que la personne est fortement intoxiquée. La compréhension de ces phénomènes représente une attitude libératrice pour le jeûneur qui ne s'irrite plus contre ces crises. Il les perçoit comme une tentative de son organisme pour se régénérer. Le principal, évidemment, est de pouvoir supporter l'intensité de ces crises. Le jeûne apparaît ainsi comme un miroir de santé qui révèle au jeûneur son état sanitaire réel.
La perte de poids est de 800g. Cela indique aussi une accentuation de l'élimination. Naturellement, dans cette circonstance, le régime associé sera conservé : cette perte de poids est déjà importante. La perte de poids modérée est de l'ordre de 500g/jour. Au-dessous de cette perte, le travail d'élimination est ralenti. Au-delà de 500g/jour, il est accéléré. Si la perte surpasse le kilo, l'élimination est intense et s'accompagne alors de la perte des forces et de l'apparition, fréquente, de symptômes divers.
L'apparition d'une selle dure de quantité moyenne indique que l'organisme consacre de l'énergie pour promouvoir cette évacuation. La maîtrise de la répartition de l'énergie et du travail que celle-ci doit effectuer appartient à la direction subconsciente de l'organisme. Le candidat jeûneur assiste donc, en témoin, à ce qui se passe en lui, indépendamment de sa volonté consciente. C'est en regard de cette attitude que nous qualifions le jeûne (ou le phénomène de désintoxication en général) de technique d'anti-maîtrise.
La quantité d'urine s'accroît à nouveau en demeurant de couleur jaunâtre. La langue se colore davantage en allant du blanc au jaune. Ce phénomène d'accentuation correspond à une désintoxication intestinale accentuée.
Brusquement, l'haleine devient forte. La désintoxication pulmonaire se met en route. Elle peut parfois atteindre des sommets importants. A tel point que le jeûneur est difficilement approchable à moins de cinquante centimètres. Il faut se féliciter de cette odeur nauséabonde qui sort de l'organisme. Dans le cas de Françoise, le relais d'élimination pulmonaire qui survient est excellent et laisse présager favorablement d'une issue satisfaisante pour le règlement de ses problèmes de santé.
Le sommeil est redevenu médiocre. Cela se passe souvent lorsque l'élimination toxinique s'accentue : le "non" dans la colonne "Forces" indique que l'énergie quitte l'extérieur du corps pour se diriger vers l'intérieur. Bien que le régime associé soit maintenu, les troubles liés à la désintoxication s'accentuent et Françoise note : vision trouble et petits maux de tête.
La vision trouble correspond à une réduction de l'activité de la fonction sensorielle qui est elle-même incluse dans la grande fonction relationnelle. Cela veut dire que l'organisme retire de l'énergie de cette fonction pour l'attribuer au travail d'élimination.
Les petits maux de tête indiquent qu'une élimination relais s'est instaurée au niveau de la tête. C'est une bonne chose et qui doit être comprise et acceptée positivement. En général, les crises relais, surtout si elles sont douloureuses, ne durent guère que quelques heures : leur fin indique que l'organisme vient de franchir un nouveau pas vers sa régénération.

quatrième journée
La pulsation s'accélère nettement (72) et le poids diminue de 500g ! L'élimination se continue. Il faut noter l'évacuation d'une selle abondante et molle : ceci correspond à un auto nettoyage des intestins réalisé naturellement sans purge ni lavement ; bien noter que celui-ci survient à la discrétion de la décision du subconscient, et n'est pas programmé par le conscient.
L'urine devient foncée, ce qui indique une accentuation de l'élimination rénale. La langue demeure jaune et l'haleine forte. Le sommeil est encore mauvais. Les forces continuent à diminuer, confirmant la projection de l'énergie vers l'intérieur de l'organisme, pour favoriser l'élimination toxinique.
S'il est souhaitable de réchauffer les extrémités en portant des lainages (gants ou chaussettes), ou en les présentant à proximité d'une source chaude (genre bouillotte par exemple), il est déconseillé d'effectuer des activités physiques intenses (marche, portage) pour les réchauffer. En effet, cela reviendrait à contraindre l'organisme à redistribuer de l'énergie vers l'extérieur, au niveau de la fonction relationnelle. Or ceci est une opposition avec le désir du corps d'utiliser son énergie à l'intérieur de l'organisme pour favoriser l'élimination.
La notion "mal aux reins" indique qu'il s'est produit un autre relais de désintoxication à ce niveau. Il est exclu de s'affoler et de craindre cette nouvelle "maladie" qui apparaît. Le rôle des crises est de rénover l'organisme.

cinquième journée
La pulsation décroît de 72 à 66. Dans le même temps, le poids se stabilise à 58 kg. C'est une constatation d'ordre général que nous avons préalablement signalée au chapitre "le déroulement du jeûne" et que nous rappelons ici : lorsque l'élimination s'accentue, la pulsation s'amplifie, tandis que la perte de poids est relativement importante. Au contraire, l'apparition d'un palier signifie un ralentissement de l'élimination et cela s'accompagne généralement d'une diminution de la pulsation.
Notons que la phase de crise en régime associé n'a duré que quelques jours. Cela est habituel.
Il y a encore une selle, peu abondante cette fois, d'aspect moulé et d'apparence normale ; c'est la continuation de l'évacuation des fèces qui se poursuit : c'est une bonne chose avant l'entrée dans le jeûne.
L'urine est toujours abondante, mais de couleur jaune moins foncée. Cela correspond bien à l'apparition du palier qui indique un ralentissement momentané de l'élimination.
Au cours du jeûne, les phases de travail de nettoyage intensif succèdent à celles de travail modéré : comme si le subconscient était sage de ne pas imposer à l'organisme un travail constant –et parfois douloureux- qui serait au-dessus de ses possibilités.
Dès lors que l'on donne la "parole" à la volonté subconsciente pour diriger le nettoyage de l'organisme, celle-ci agit pour le mieux en faveur des intérêts réels et profonds du corps. On ne peut pas dire que la volonté consciente, parfois conditionnée par des enseignements plus ou moins erronés, agisse d'une façon similaire. L'haleine est toujours aussi forte. Le sommeil s'améliore légèrement avec l'arrivée du palier. Les forces sont toujours absentes.
Le régime alimentaire est conservé en ce début de palier, en attendant la confirmation de celui-ci. Françoise signale encore "mal aux reins" ce qui signifie que le relais rénal se maintient. Un travail significatif, important, se déroule donc au niveau des reins, phénomène fréquent au cours des activités de désintoxication. Les reins sont des organes d'excrétion, souvent altérés, qui réagissent pour se régénérer en cours de phases de désintoxication.
Françoise signale le besoin de chauffer la chambre. Ce besoin est ressenti fréquemment, même en période chaude. Le jeûneur ressent une impression de froid intime et cherche à réchauffer son ambiance extérieure dans l'intention de se sentir lui-même réchauffé.
Cette sensation ne va pas sans un grave inconvénient : celui de l'amoindrissement de l'élimination pulmonaire.
En effet, l'air chauffé (et parfois surchauffé, surtout en hiver) pénètre dans les alvéoles pulmonaires et y provoque un effet de ralentissement de l'élimination. De fait, l'haleine devient alors moins forte.
Nous préconisons de bien se couvrir avec des lainages : chaussettes, gants et même bonnet de nuit ; d'avoir des vêtements suffisamment chauds ou des couvertures en nombre suffisant sur le lit (attention à l'excès de poids, cependant). Nous ne préconisons pas des couvertures chauffantes à effet trop accéléré ; mieux vaut utiliser plusieurs bouillottes.
Il faut se garder de la mode actuelle qui consiste à se déplacer presque dévêtu dans des appartements surchauffés.
La température de l'air respiré doit se situer entre 16° et 18°. A ce niveau l'élimination pulmonaire est maximale. Au fur et à mesure que la température s'élèvera au-dessus de ces niveaux (ou régressera au-dessous), l'élimination pulmonaire deviendra moins importante. Ceci implique un bilan final d'élimination diminué. Nous disons souvent aux jeûneurs qu'une pièce surchauffée ralentit l'élimination pour la valeur d'un petit repas. Cela mérite réflexion, surtout pour les personnes pressées qui désirent jeûner rapidement et qui, en surchauffant leur air inspiré, ralentissent considérablement l'effet de leur jeûne. En été, il faudrait parfois rafraîchir l'air inspiré, ou tout au moins vivre dans des pièces fraîches.
Il faut noter que les malades –qui ont donc un retard d'élimination permanent- fuient les conditions de températures extrêmes. Au contraire, les biens portants supportent des écarts importants.

sixième journée
La pulsation continue à baisser et le poids reste stable à 58 kg en confirmation de palier : il n'y a pas de selle, donc l'élimination se poursuit. L'urine est abondante et jaune. La langue redevient blanche, l'haleine est toujours forte. Le sommeil s'améliore quelque peu, mais les forces sont toujours absentes, signe que l'inversion énergétique demeure.
La confirmation du palier s'étant effectuée, Françoise passe du régime associé au régime cellulosique. Notons que l'on aurait pu adopter le passage au régime cellulosique avec protéine, qui constitue un régime intermédiaire.
Le nouveau régime ne comporte plus que des fruits ou des légumes. Le fait d'abandonner les amidons et les protéines accélère considérablement le processus d'élimination.
Notons l'arrivée de la période menstruelle chez Françoise, ce qui accélère le processus d'élimination. Nous remarquons que le relais d'élimination rénal se déplace et le mal s'étend confusément au dos.
L'inversion énergétique est si intense que Françoise ressent de légers étourdissements lorsqu'elle se lève précipitamment. Le jeûneur est ainsi contraint de vivre à un rythme plus lent et plus précautionneux.

septième journée
La pulsation s'accélère d'une unité et le poids diminue de 500g. Une nouvelle accentuation de l'élimination est confirmée par l'absence de selle, une quantité d'urine moindre et plus foncée, une langue blanche et une haleine toujours forte.
A nouveau, sous l'effet de la nouvelle crise, le sommeil se détériore, tout en demeurant passable cependant. Les forces sont toujours inexistantes.
Le régime cellulosique est conservé. La période menstruelle qui se poursuit est un facteur d'amplification de l'élimination. Le mal au dos apparaît et un nouveau symptôme relais surgit : la langue devient douloureuse.

huitième journée
La pulsation se maintient au même niveau, le poids diminue encore de 400g ; l'élimination se poursuit.
Une selle se produit, d'aspect normal : elle indique que l'organisme a ressenti le besoin d 'évacuer des matières fécales, c'est une décision prise par le subconscient.
L'urine est peu abondante et foncée. La langue est blanche, l'haleine forte et le sommeil médiocre. Les forces sont toujours inexistantes, ce qui implique une impression de vie relationnelle très réduite. Il est alors préférable de demeurer tranquillement dans sa chambre.
Le régime cellulosique est maintenu. C'est le 3ème jour de la période menstruelle. L'apparition des règles s'accompagne habituellement d'une recrudescence de l'élimination toxinique.
Le mal au dos persiste, et la langue demeure douloureuse.

neuvième journée
La pulsation s'élève à 70 et dans le même temps le poids baisse de 600g : l'élimination s'accentue. Il n'y a pas de selle ; l'urine est toujours foncée, la langue blanche et l'haleine forte. Le sommeil est encore mauvais, les forces toujours aussi absentes.
Le régime cellulosique est maintenu, les règles se poursuivent, le mal aux reins réapparaît et la langue demeure douloureuse.

dixième journée
La pulsation baisse de 10 unités ; le poids demeure stable, c'est le palier. Il n'y a pas de selle, l'urine devient jaune. La langue est toujours blanche et l'haleine forte. Le sommeil est passable, les forces encore inexistantes.
Le régime cellulosique est conservé en attente de la confirmation du palier. Les règles sont terminées.
Françoise note encore "mal aux reins" et un symptôme nouveau survient sous la forme de sudation la nuit.

onzième journée
La pulsation et le poids demeurent stables : c'est la confirmation du palier. Il n'y a pas de selle. L'urine est jaune et peu abondante, la langue blanche et l'haleine forte. Le sommeil est toujours passable et les forces inexistantes.
Françoise décide de passer au régime non cellulosique. La crise au niveau rénal se maintient et un nouveau symptôme apparaît à l'estomac.

douzième journée
La pulsation s'élève à 74, le poids baisse de 700g ; la crise est vive. Absence de selle; l'urine redevient abondante et foncée. La langue est blanche et l'haleine toujours forte. Le sommeil est mauvais et les forces encore absentes.
Françoise conserve le régime non cellulosique, car il est estimé que l'élimination est suffisante.
Accroissement des symptômes à l'estomac qui s'amplifient sous forme de brûlures.

treizième journée
La pulsation est encore élevée (78) et le poids a encore baissé de 700g : la crise se maintient. Absence de selle, urine abondante et foncée, langue chargée, haleine forte, sommeil mauvais et forces absentes confirment l'état de crise.
Le régime non cellulosique est conservé. Des symptômes de désintoxication s'accentuent : sous forme de nausée la nuite et par l'observation du froid aux pieds.

quatorzième journée
La pulsation redescend à 64 et la perte de poids n'est que de 500g : signes que la crise se ralentit. Il faut noter que les crises sont généralement de courte durée et entre deux crises l'organisme s'octroie généralement un temps de récupération.
La selle est toujours absente et ceci est un phénomène pratiquement constant en situation de désintoxication. L'urine est abondante et foncée, la langue blanche, l'haleine forte, le sommeil encore mauvais et les forces absentes.
Le régime non cellulosique est conservé. Les nausées sont particulièrement ressenties au cours de la nuit.

quinzième journée
La pulsation diminue à 60 et la perte de poids n'est que de 100g. La crise se ralentit. Cette petite perte de poids est pratiquement assimilable à un palier.
Selle absente, urine peu abondante redevenue jaune, sont également des signes de ralentissement de la crise.
L'haleine présente une odeur d'acétone caractéristique. Celle-ci provient d'une transformation inachevée des graisses en sucre. C'est un signe d'élimination.
Le sommeil est passable, relativement moins mauvais, les forces toujours absentes.
Le régime non cellulosique est conservé dans l'attente d'une confirmation de palier.
Françoise signale une faiblesse qui la contraint à demeurer couchée : c'est souvent le cas à la suite d'une période d'élimination intense.

seizième journée
La pulsation décroît très nettement (56) et la perte de poids n'est encore que de 100g : ce qui est assimilable à une confirmation de palier. La selle absente, l'urine abondante mais seulement jaune, la langue jaune ; l'haleine conserve son goût d'acétone, le sommeil s'améliore, mais les forces sont encore inexistantes.
La confirmation du palier permet de passer au jeûne hydrique avec sécurité : ce qui représente une transition entre le régime non cellulosique et le jeûne hydrique proprement dit.
La sensation de faiblesse est moindre et les étourdissements moins fréquents.

dix-septième journée
La pulsation se ralentit encore (54) et le poids est stationnaire, signes de l'atténuation de la crise.
La selle est absente, l'urine peu abondante et jaune, la langue jaune. L'haleine redevient forte, mais le goût d'acétone disparaît.
Le sommeil est assez bon ; les forces sont encore inexistantes : Françoise signale "faible" le matin.
Le régime de jeûne hydrique avec sécurité est conservé.

dix-huitième journée
La pulsation s'accélère légèrement (58) et la perte de poids est de 300g : la crise reprend. Cependant son intensité est moindre.
La selle est absente, l'urine peu abondante et jaune, la langue jaune, l'haleine forte, le sommeil seulement passable et les forces sont nulles.
Le régime de jeûne hydrique avec sécurité est maintenu. Françoise se déclare dérangée par le bruit : ce qui correspond à une montée de tensions internes.

dix-neuvième journée
La pulsation est remontée à 60 et la perte de poids est de 500g, signes de la reprise et de l'accentuation de la crise.
La selle est inexistante, l'urine abondante et jaune ; la langue est blanche : ce qui représente une diminution d'activité par rapport à la coloration jaunâtre précédente.
L'haleine revient à une odeur moyenne, ce qui satisfait la jeûneuse assez incommodée préalablement par une haleine fétide.
Le sommeil est seulement passable, les forces semblent s'améliorer, même sans prise de nourriture conséquente, pour redevenir moyennes. Françoise déclare qu'elle se sent mieux.
Compte tenu de la perte de poids, le régime de jeûne hydrique avec sécurité est conservé.

vingtième journée
La pulsation redescend à 56 et la perte de poids est seulement de 200g : la crise s'atténue à nouveau.
La selle est toujours inexistante, l'urine abondante et jaune, la langue blanche, l'haleine moyenne, le sommeil assez bon et les forces moyennes. Françoise déclare ressentir un peu plus d'énergie.
Le jeûne hydrique avec sécurité est maintenu.

vingt et unième journée
La pulsation descend à 54 et la perte de poids est de 200g. L'élimination se poursuit, mais beaucoup plus lentement que précédemment. C'est le moment que nous choisissons pour passer au jeûne hydrique.
Celui-ci doit être adopté lorsqu'une part importante de l'élimination a été effectuée précédemment au cours des régimes de désintoxication utilisés dans les paliers alimentaires. Cette manière de procéder évite à l'organisme de se stresser fortement.
La selle est toujours absente, l'urine peu abondante et jaune, la langue blanche, l'haleine moyenne, le sommeil acceptable.
Les forces qualifiées de moyennes s'améliorent : Françoise note qu'elle ressent un plus d'énergie.
Certains s'étonneront sans doute que nous déclarions que les forces et l'énergie reviennent alors que l'on abandonne toute nourriture pour aborder la seule consommation d'eau. Ceci mérite plus amples explications.
Les forces et l'énergie reviennent quand une grande part de l'énergie qui était affectée à l'intérieur de l'organisme pour favoriser l'élimination des toxines est redistribuée vers l'extérieur de l'organisme et la vie relationnelle. Ceci est possible parce qu'une grande part de l'élimination a déjà été effectuée au cours des régimes préparatoires de désintoxication.
Tout ceci devrait aussi démystifier la fonction magique du pouvoir guérisseur attribuée abusivement au jeûne hydrique. En fait, ce qui "guérit", c'est la désintoxication cellulaire, puisqu'elle réduit la toxémie. Et cette désintoxication s'effectue considérablement au cours des régimes de désintoxication préalables (ce qui explique au passage le "pouvoir" accordé aux cures de jus (notamment le raisin).
En fait, le jeûne hydrique vient permettre à l'organisme d'éliminer encore plus lorsque les régimes de désintoxication préalables ont été utilisés jusqu'à l'obtention des paliers. C'est dans ce sens que le jeûne hydrique révèle des possibilités accrues de régénération de l'organisme.
L'énergie dont nous disposons n'est donc pas liée seulement à la quantité de nourriture que nous absorbons, mais aussi à la qualité de pureté cellulaire de notre organisme. Il faut vraiment avoir vécu le retour des forces en jeûne hydrique pur pour le comprendre.

vingt deuxième journée
La pulsation descend encre à 52 ; c'est le grand calme cardiaque qui s'instaure. Le poids baisse de 300g, c'est une perte moyenne en jeûne hydrique, qui indique que l'élimination se poursuit lentement.
Toujours pas de selle, l'urine abondante s'éclaircit ; la langue est blanche, l'haleine moyenne, le sommeil passable, les forces sont moyennes et un grand calme envahit Françoise.

vingt troisième journée
La pulsation demeure à 52 : c'est le calme. La perte de poids est de 100g. On s'achemine vers un travail de réorganisation fonctionnelle qui souvent ne s'accompagne pas de perte de poids.
La selle est toujours absente : c'est normal : elle ne réapparaîtra que lors de la reprise alimentaire. L'urine est abondante et claire ; la langue est blanche.
Le sommeil est bon, les forces moyennes. Françoise se sent décontractée. Le jeûne hydrique pourrait se poursuivre normalement pour effectuer son travail de finition qui doit être le sien, à l'issue des paliers alimentaires. Mais pour des raisons personnelles, Françoise a décidé de s'arrêter là.

Nous pouvons à présent entamer la reprise alimentaire par paliers.

Conclusion : nous vous avons donc commenté l'entrée de jeûne du cas théorique présenté. Ces informations nous ont permis de faire passer maints détails qu'il est utile de connaître avant d'entreprendre un jeûne.
Ainsi conduit, le jeûne apparaît comme une pratique naturelle simple et sans réel danger, apportant de grandes satisfactions à ceux qui savent le conduire avec discernement. Nous espérons que ces éléments vous aideront à vous décider à jeûner pour expérimenter ce que nous vous avons relaté précédemment.
Cependant, rappelez-vous qu'un jeûne doit être conduit par un hygiéniste professionnel.

Nous allons maintenant développer la reprise de la nourriture en paliers alimentaires.

 

 

 

4°/ SORTIE DU JEÛNE
Texte de Désiré Mérien

1 – LES CONDITIONS DE LA SORTIE DE JEÛNE
1 – l'achèvement du jeûne

Les conditions de la sortie de jeûne sont totalement différentes selon que le jeûne se termine normalement ou qu'il doit être interrompu prématurément.

La sortie idéale de jeûne
La sortie idéale de jeûne se réalise lorsque certaines conditions se perçoivent.
Les crises d'élimination cessent : concrètement, cela se manifeste par la fin de toute crise douloureuse, une langue qui devient claire, une respiration aisée, un regard brillant, une haleine fraîche, des forces qui reviennent alors que la nourriture n'est pas encore ingérée ; l'apparition de la véritable faim s'accompagne d'un état euphorique.
Cette situation se traduit sur la courbe pondérale et celle des pulsations par une ligne plane proche de l'horizontale, indiquant une stabilisation de l'organisme.

La sortie prématurée de jeûne
La sortie idéale de jeûne est, toutes proportions gardées, moins fréquente que la sortie prématurée de jeûne.
Cela tient à diverses causes :

  • la première, la plus fréquente, provient du fait que les personnes qui jeûnent ne veulent (ou ne peuvent) consacrer le temps nécessaire à la rénovation complète de l'organisme. C'est très souvent une entrave d'ordre social qui amène à cette situation : jeûne entrepris durant un congé trop court, inexpérience première sur le choix d'une durée convenable pour mener un jeûne à terme, etc.
  • la seconde, également fréquente, provient des limitations psychiques et physiques qui existent potentiellement chez le jeûneur et qui ne se manifestent réellement qu'en cours de jeûne. Ainsi, bien des candidats au jeûne idéal, sous peine de s'autodétruire gravement, devront, lors de" petites expériences, s'accommoder de jeûnes progressifs s'achevant par des ruptures prématurées.

Nous allons maintenant aborder l'étude de quelques limitations.

2 - la limitation psychique
Cette limitation est souvent la première à être ressentie. Le jeûneur entre dans une phase de tension psychique intense. Le jeûne devient alors difficilement soutenable.
Nous ne sommes pas partisans de brusquer l'organisme ; la décision du jeûner avec l'aide du conseiller de jeûne qui le suit doit être de procéder à une régression lente du jeûne.

3 – les limitations physiques
La perte de poids
La limitation physique peut provenir de la perte de poids qui s'établit au cours du jeûne. Le poids normal d'une personne saine (c'est-à-dire vivant d'une manière hygiéniste) devrait être inférieur au poids habituel, à taille égale, des carnivores suralimentés.
Nous avons établi pour chaque taille une proportion moyenne de poids normal hygiéniste. Ce poids peut varier en plus ou en moins selon la structure de la charpente osseuse et l'état musculaire de chacun. Ce poids normal hygiéniste pourrait représenter ce que nous appelons le poids normal de départ de jeûne pour les différentes tailles considérées. Il faut remarquer que le poids réel de départ de jeûne coïncide rarement avec le poids normal de départ de jeûne. Le candidat jeûneur aborde en général son jeûne avec un poids situé soit au-dessus soit au-dessous de ce dernier poids.
Au cours du jeûne les pertes de poids peuvent aller jusqu'à un poids limite que nous appelons poids de sécurité.
Ainsi la probabilité de jeûner sans trop de risque existe entre le poids normal de départ (ou au-dessus de ce poids) et le poids de sécurité.
Au-dessous du poids de sécurité, il faut agir avec beaucoup de prudence. Nous avons distingué une limite supérieure et une limite inférieure du poids de sécurité. Suivant les autres signes qui se manifestent, il est parfois possible de jeûner entre ces deux poids.
Au-delà de la limite inférieure de sécurité, le jeûneur se trouve dans une situation qui peut être dangereuse. Il risque en effet de se produire ce que nous appelons une rupture d'élasticité pondérale. C'est-à-dire que si le corps descend au-dessous de cette limite inférieure de sécurité il aura de grosses difficultés à remettre en route, lors de la réalimentation, les processus métaboliques qui assurent l'assimilation des nutriments. La personne peut demeurer très maigre et sans force pour un très longtemps.
Cette situation ressemble à celle d'un ressort que l'on aurait étiré au-delà de sa limite d'élasticité : il revient difficilement, ou pas du tout, à sa position d'origine.
Le poids normal de départ de jeûne, les poids de sécurité (limites supérieures et inférieures) sont présentés dans le tableau ci-dessous, à titre d'indication.

Taille / Poids de départ
182 ......................... 68
179 ......................... 66
176 ......................... 64
173 ......................... 62
170 ......................... 60
167 ......................... 58
164 ......................... 55.5
161 ......................... 53
158 ......................... 50.5
155 ......................... 48
152 ......................... 45.5
149 ......................... 43

Sécurité inférieure / supérieure
54 ......................... 48
53 ......................... 47
52 ......................... 46
51 ......................... 45
50 ......................... 44
49 ......................... 43
47 ......................... 41.5
45 ......................... 40
43 ......................... 38.5
41 ......................... 37
39 ......................... 35.5
37 ......................... 34


Les jeûneurs sont parfois déçus de ne pas pouvoir se risquer à descendre au-dessous de la limite inférieure de leur poids de sécurité. Nous pensions qu'il est préférable de se rendre compte que la toxémie existante a nécessité une diminution de poids jusqu'à ce stade. Nous préconisons dans ce cas une rupture prématurée du jeûne réalisée très progressivement. Il est possible, en effet, de refaire ultérieurement, une fois le poids regagné, d'autres jeûnes successifs pour améliorer l'état sanitaire du patient.
L'essentiel est de savoir demeurer dans la limite de sécurité. Car si le patient perd du poids au-delà de cette limite, il ne parviendra peut-être pas cependant jusqu'au jeûne idéal, mais il sera mis dans une situation telle –outre les risques immédiats de détérioration d'organes par inanition- qu'il lui sera très difficile, avant longtemps, de refaire un autre jeûne bénéfique. Il el craindra et le refusera, peut-être définitivement.

La douleur
La douleur est une accentuation d'une perception sensitive ordinaire. Au cours d'une crise aiguë d'élimination, il est fréquent que la douleur devienne très vive. Cette manifestation de rénovation est bénéfique pour l'organisme. Mais jusqu'à quel point le jeûneur est-il capable de la supporter ? Il va de soi qu'il est souhaitable de ne pas administrer des analgésiques au patient pour atténuer sa douleur. Alors il faudra prendre son mal en patience et attendre que cela passe. Cette douleur, si elle est très vive, ne dure pas en général très longtemps. Sa fréquence et son intensité diminuent et elle finit par disparaître. Il y a en effet une grande différence entre une douleur induite –volontairement- au cours d'un jeûne et celle subie dans le courant ordinaire de la vie. L'organisme a en général la possibilité d'arrêter la première ou de la faire renaître par intermittence jusqu'à disparition totale, tandis que vis-à-vis de la seconde, il ne peut que supporter un mal qu'il a été contraint d'accepter pour amoindrir une toxémie qui avait surpassé le seuil de tolérance toxinique.
Cependant, exceptionnellement, la douleur engendrée au cours du jeûne devient si vive et si tenace que le patient ne peut la supporter plus longtemps. Bien que cela soit regrettable, il est préférable de ralentir les effets du jeûne plutôt que d'avoir recours aux analgésiques.
Cette situation est assez rare, mais le jeûneur et son conseiller de jeûne doivent adopter la solution raisonnable qui s'impose.

2 – LA REPRISE ALIMENTAIRE
Lorsque la décision de rompre le jeûne est prise, la reprise alimentaire devient la préoccupation majeure du patient. C'est un problème délicat qui nécessite la présence d'un conseiller de jeûne averti pour individualiser la reprise alimentaire de chaque jeûneur.

Reprise alimentaire après une rupture normale de jeûne
Ainsi que nous l'avons dit précédemment, cette situation est peu fréquente, mais elle existe surtout au bout du deuxième ou troisième jeûne suivant la méthode des jeûnes progressifs répétés que nous préconisons.
Dans cette situation, le jeûneur est arrivé au stade idéal de la désintoxication et il sera souhaitable qu'il choisisse le régime idéal comme régime alimentaire post-jeûne.
Nous préconisons une reprise alimentaire étalée (un jour de reprise par deux jours de jeûne semble être une bonne moyenne).
La technique des paliers alimentaires sera utilisée en ordre inversé. Pratiquement le patient adoptera le régime non cellulosique en absorbant un jus. Plus le jeûne aura été long et plus la dose de jus sera faible. Ce jus peut être préparé par une centrifugeuse, mais le jeûneur peut également mâcher les fruits et rejeter la cellulose. Cette seconde méthode, bien plus naturelle, est préférable à la précédente. Elle évite l'absorption d'une dose excessive de jus.
Nous proposons de prendre les fruits les plus acides le matin (citron, orange, pamplemousse), les mi-acides à midi (certaines pommes), les doux le soir (poires, pommes douces, pêches, raisins doux).
Il est préférable de laisser quatre à cinq heures s'écouler entre deux prises de jus successives : la consommation de ces jus se fera donc approximativement aux heures suivantes : 7h30 – 12h30 – 17h30 ; puis laisser le repos nocturne s'instaurer à la suite de ces premiers repas.
Pour éviter un excès d'acidité imputable à la seule ingestion de fruits, nous préconisons d'introduire à faible dose également des jus de légumes tels que carottes, betteraves rouges, …
Les horaires indiqués le sont à titre facultatif ; certains préfèreront s'alimenter lorsque la vraie faim se fera ressentir : ce qui est le cas lors de la sortie idéale de jeûne.
Dans cette situation de reprise alimentaire, nous constatons qu'une très petite dose de jus peut faire remonter le poids du corps. Cette ingestion de jus modifie la répartition énergétique dans l'organisme, et l'impression de force survient très rapidement.
En général, le poids augmente régulièrement avec la seule prise de jus qui peut durer plusieurs jours, jusqu'à obtention d'un palier alimentaire (palier pondéral). Alors le patient décide de passer au régime cellulosique. Les repas en régime cellulosique se feront suivant le même agencement que précédemment. Simplement, le patient retiendra une partie de la cellulose des fruits ou des légumes ingérés.
Ici également, le poids s'élèvera, et après quelques jours d'alimentation, un nouveau palier alimentaire apparaîtra.
A partir de ce palier, il faudra choisir le régime idéal, ou un régime intermédiaire entre ce régime et le régime associé pour ceux qui ne se sente pas encore prêts à utiliser le premier type de régime.
Pour ceux qui adoptent le régime idéal, nous préconisons d'attendre la faim réelle le matin et de prendre alors des fruits en doses restreintes toutes les 2 ou 3 heures jusqu'à 14h, heure à laquelle un repos sera accordé à l'estomac. Vers 18h, celui-ci sera sollicité à nouveau pour un repas de légumes, crus de préférence, accompagnés de protides sous la forme de noix, noisettes, amandes, parfois d'un jaune d'œuf cru. Les produits laitiers sont exclus de ce régime.
Certains choisiront un régime à mi-chemin entre le régime idéal et le régime associé : ils consommeront des fruits frais ou secs trempés, en fin de matinée, lorsque l'appel de la faim se fait réellement ressentir, pour couvrir les besoins en glucides. Le soir, au repas de légumes, ils accepteront une partie de leurs légumes très peu cuits (décrudits) et une ration de fromage blanc ou de fromage non fermenté genre gruyère.
Une autre graduation entre le régime précédent et le régime associé consiste à consommer le soir, un jour sur deux, en alternance avec le repas protidique, un repas de pommes de terre cuites accompagnées de crudités additionnées d'une faible quantité de matière grasse (beurre ou huile).

Reprise alimentaire après une rupture prématurée du jeûne
Cette situation est la plus fréquente en sortie de jeûne. Suivant la situation et le temps dont peut disposer le jeûneur, la reprise alimentaire peut être diversifiée.

Le régime d'élimination à poids constant
Parmi les limitations qui entraînent la rupture prématurée du jeûne, l'apparition du poids de sécurité est celle qui se manifeste le plus souvent. Le jeûneur est toujours en situation toxémique, parfois en crise d'élimination, lorsque survient la limite inférieure du poids de sécurité. A ce moment, il est temps de prendre la décision de rompre le jeûne. Cette rupture se fera de préférence en paliers –s'il s'en découvre un- lorsque l'élimination est ralentie. La courbe des pulsations doit également être consultée. Il est préférable de cesser le jeûne en pulsations basses (de 50 à 80) qu'en pulsations élevées (au-delà de 80).
Le jeûne doit être rompu par les jus, d'une manière semblable à celle décrite ci-dessus. Simplement, on adoptera l'horaire imposé car la demande de nourriture sous l'effet de la faim réelle est inexistante, bien au contraire : c'est plutôt un phénomène de répulsion qui existerait : le patient encore en crise d'élimination n'a pas faim.
Mais dans cette situation, on ne recherchera pas une reprise de poids, du moins pendant un certain temps, si le patient en dispose. On pratiquera le régime d'élimination non cellulosique à poids constant. Ceci veut dire que l'on donnera au jeûneur un strict minimum de jus pour éviter la chute de poids et pour favoriser au mieux l'élimination qui reste encore à faire. Ceci peut durer de quelques jours à plus d'une semaine. C'est la solution idéale lorsqu'on arrive en fin de jeûne sans avoir pu terminer son élimination. Mais ATTENTION, ce régime, même en employant des fruits et légumes, est déséquilibré en lipides et protides. C'est donc l'organisme qui sera sollicité pour fournir ces derniers. Au-delà d'une certaine durée, que le conseiller de jeûne établit de concert avec le jeûneur, il faudra augmenter la ration alimentaire pour poursuivre la reprise alimentaire.

Les crises d'après jeûne
Lorsque la rupture de jeûne est faite en situation normale, la reprise alimentaire, même à poids constant, qui est la plus douce que l'on puisse prévoir, engendre en général des crises d'élimination. Celles-ci deviennent plus intenses et constituent des crises d'après jeûne.
Tout se passe comme si le subconscient s'aperçoit que la direction consciente de l'organisme, en décidant la réalimentation, s'oppose au travail d'élimination en cours, en modifiant la répartition énergétique dans l'organisme. Une partie de l'énergie utilisée au travail d'élimination est en effet dirigée maintenant au niveau de la digestion.
Ces crises peuvent être désagréables et entraîner une perde de poids, de sorte qu'il est prudent de rompre le jeûne un peu au-dessus de la limite inférieure du poids de sécurité, pour ne pas atteindre réellement cette dernière avant la reprise de poids. Celle-ci est parfois difficile à obtenir pour les grands toxémiques en crise d'après jeûne. Mais il faut insister car on n'a plus le choix du fait de l'arrivée du jeûneur à sa limite inférieure du poids de sécurité.

La croissance du régime alimentaire
Dans ce cas de rupture de jeûne, la progression de la reprise alimentaire se fera différemment qu'en situation de sortie normale de jeûne.
Après les jus, les fruits et légumes crus à cellulose tendre pris à petites doses, on rajoutera les légumes décrudits complétés par des laitages plus aisés à digérer que les noix. Puis les pommes de terre cuites feront leur apparition dans le cadre du régime associé tel que nous l'avons défini.
Les jeûneurs de cette catégorie (c'est-à-dire dont la toxémie n'est pas résorbée) ont parfois des difficultés à prendre du poids, des forces et à faire cesser leur symptômes d'élimination d'après jeûne. Ils prennent alors des céréales en alternance avec les pommes de terre un jour sur deux, puis ultérieurement des jaunes d'œufs ou du fromage cuit, puis des noix. Cette alimentation plus concentrée ralentit l'élimination. Les crises disparaissent, le poids augmente légèrement et les forces reviennent. Quand la toxémie est encore importante (chez certains grands malades par exemple) le recours au régime complémenté semble nécessaire momentanément.
Toutes ces situations particulières demandent à être étudiées avec beaucoup de précision par un conseiller de jeûne compétent.

Le retour des selles
Le retour des selles se fait naturellement lors de la reprise alimentaire, surtout lorsqu'une bonne préparation du jeûne a été réalisée par des paliers alimentaires suffisants en durée, ce qui a permis d'éliminer préalablement les fèces du colon.
Cependant, chez les toxémiques, il y a une certaine difficulté à redistribuer l'énergie au niveau intestinal. Le fonctionnement des intestins se fait attendre. Mais il est nécessaire de patienter et surtout de ne pas prendre de laxatif. Il faudra se modérer en cellulose dure. En cas très exceptionnel d'un bouchon de fèces endurcies au niveau anal, un petit lavement à l'eau tiède est conseillé pour le ramollissement mécanique de ces fèces. Encore qu'en patientant quelque peu, l'organisme fera la même opération à partir de l'intérieur de l'intestin.

***

Les jeûneurs s'interrogent fréquemment sur le problème de la récupération de leurs forces après le jeûne. C'est une préoccupation importante ; en effet, au cours du jeûne, certains voient leurs forces régresser, comme cela se produit encours de crise aiguë de maladie. Il est bien normal qu'ils soient inquiets quant au retour de ces forces.
Cette interrogation est encore plus importante quand le jeûneur doit reprendre ses activités dans un temps bref à l'issue du jeûne.

Le retour normal des forces
Ce devrait être la situation constante après le jeûne. Cependant, elle ne se manifeste qu'à l'issue d'une reprise alimentaire normale. Dans ce cas, l'inversion énergétique est aussi spectaculaire pour le recouvrement des forces qu'elle l'avait été pour leur perte.
En effet, une toute petite quantité de jus est parfois suffisante pour retrouver ses forces et avoir envie de réutiliser jambes et bras, comme si on en redécouvrait l'usage. C'est un moment extraordinaire de l'après jeûne.
Il est vrai que l'orque le jeûne peut être conduit jusqu'à une limite satisfaisante, la récupération de l'énergie s'effectue déjà en cours de jeûne hydrique. Ceci est aussi une sensation bien agréable et un peu extraordinaire. Retrouver ses forces sans manger, cela peut paraître incroyable. Cela provient tout simplement du fait que l'élimination toxinique étant largement achevée la volonté subconsciente re-projette de l'énergie sur la fonction relationnelle.
Cette situation s'accompagne également d'une meilleure possibilité d'utiliser les organes des sens. Le jeûneur reprend les lectures qu'il avait momentanément abandonnées.
Ce retour des forces intrigue parce que non lié à la prise de nourriture. Nous sommes, pour la plupart, conditionnés à l'idée que la nourriture est nécessaire à l'obtention de l'énergie. Cela est vrai en partie. Mais le jeûneur qui recouvre son énergie prend encore sa nourriture en lui-même. Evidemment, cela ne pourrait durer qu'un temps restreint.
Cette notion d'énergie liée à la prise de nourriture est certainement l'une des causes principales du rejet du jeûne par de nombreuses personnes. La perte d'énergie est assimilée à une vie diminuée, une sorte de "petite mort" et cela est très mal vécu.
En fait, lorsque les gens s'alimentent, une grande part de leur nourriture sert de "blocage" à l'élimination toxinique. Cette nourriture requiert de l'énergie pour être digérée ; celle-ci est distraite de la fonction élimination, ce qui entraîne un retard de désintoxication. La fonction relationnelle est alors acceptable. Au contraire, la simple diminution de l'alimentation accélère l'inversion énergétique, en projetant cette énergie vers l'intérieur de l'organisme pour favoriser l'élimination toxinique.
La fonction relationnelle régresse et les déplacements et mouvements divers deviennent difficiles, alors la personne placée dans cette situation augmente sa ration alimentaire et ses forces extérieures reviennent. Comme la plupart des gens sont toxémiques, on comprend aisément qu'ils n'iront jamais spontanément vers le jeûne. Par contre, après le jeûne, la toxémie étant résorbée, la partie alimentaire nécessaire au blocage de la toxémie n'est plus nécessaire, et le jeûneur ne sollicitera qu'une quantité réduite pour son alimentation. On comprend alors qu'il puisse exister un régime associé, et même idéal. Etat qui peut paraître impossible à la grande masse des "toxémiques permanents".
D'ailleurs, plus on recherche de nourriture pour s'activer, plus on devrait se poser des questions sur son propre état toxémique.

Le retour difficile des forces
Comme nous l'avons relaté dans la reprise alimentaire après une rupture prématurée du jeûne, la sortie idéale n'est pas la plus fréquente.
Le jeûneur s'accommode déjà mal de cette rupture prématurée. Le problème du retour des forces devient alors préoccupant. Malgré une nourriture abondante, frisant parfois la boulimie, les forces ne surviennent pas comme elles seraient souhaitées.
L'organisme a mis en route, sous l'influence de sa volonté subconsciente, un processus d'élimination. Celui-ci est si fort qu'il surpasse les messages conscients donnés à l'organisme pour recouvrer ses forces. Rien n'y fait, la personne végète et puis, peu à peu, les forces reviennent parfois même en mangeant moins que dans l'après jeûne immédiat.
Voici l'explication de ce processus. La nourriture arrive dans l'estomac et pour ne pas la laisser entrer en putréfaction, la volonté subconsciente projette de l'énergie sur l'appareil digestif pour que la digestion se fasse correctement. Cette énergie provient partiellement de celle qui était affectée à la fonction élimination. De ce fait, celle-ci est ralentie dans son activité. Les forces reviennent toujours quand la fonction élimination est ralentie.
Tout n'est pas simple. C'est pourquoi, lors des premières expériences, nous ne recommandons pas aux jeûneurs de "s'enfoncer" trop profondément dans le jeûne, surtout si la perte d'énergie est importante. L'opinion d'un conseiller de jeûne compétent est alors indispensable.
A la limite, il faudrait avoir l'expérience du retour des forces pour déterminer la durée de son jeûne. Nous en reparlerons ultérieurement à propos de la fréquence des jeûnes successifs.
Toutes ces explications aident aussi à faire comprendre la situation des personnes qui se sentent fatiguées continuellement. Cela provient de leur état toxémique et de l'inversion constante de l'énergie que cela nécessite. Il ne sert à rient de se bourrer de nourriture et encore moins de compléments alimentaires de toutes sortes.

3 - LES JEÛNES SUCCESSIFS
L'achèvement du jeûne d'une manière inappropriée ne doit pas être considéré comme insatisfaisant. Bien des personnes vivent avec un état toxémique important sans ressentir de troubles particuliers. L'état maladif n'est considéré comme tel que lorsque des symptômes surgissent.
Naturellement, nous devons être à la recherche de l'état de pureté cellulaire maximale, sans toutefois crisper notre alimentation là-dessus.
Aussi pensons-nous qu'il demeure toujours un bénéfice appréciable à l'issue de toute tentative de désintoxication, aussi courte et inachevée soit-elle.
Alors la question se pose : accomplir un long jeûne pour accéder au stade de la santé idéale, ou effectuer des jeûnes successifs pour s'en rapprocher ?
L'expérience montre que les personnes en excellente santé peuvent s'engager avec succès dans une expérience prolongée ; par contre, pour les autres, des obstacles divers (sur lesquels nous avons donné notre avis précédemment) peuvent surgir.
Un conseiller de jeûne compétent évaluera alors la nécessité d'interrompre le jeûne, bien que le travail de régénération ne soit pas extrêmement achevé.
Il sera alors sage de programmer une série de jeûnes successifs de courte durée, puis de moyenne durée pour arriver heureusement au stade final escompté.
On y accédera avec plus de certitude qu'en se "grillant" malencontreusement dans des expériences excessives. On observera que les jeûnes successifs ne se dérouleront pas de manière similaire. Alors que, dans le premier jeûne, et parfois les suivants, l'élimination induit des symptômes tels les vomissements, les pertes d'équilibre ou des crises douloureuses diverses ; ultérieurement on observera une tranquillité remarquable, signe que l'organisme est parvenu à une régénération satisfaisante.
Faut-il jeûner fréquemment ? Pour nous, le jeûne ne constitue pas une technique de guérison réservée à des malades qui souhaitent s'en sortir ; il représente une fonction de régénération profonde de l'organisme, aussi nécessaire (effectué de manière appropriée) que toute autre fonction essentielle : la respiration, la digestion, la circulation, la récupération, etc.
C'est ainsi que nous souhaitons considérer le jeûne. Dans cette vision, jeûner une ou deux semaines, une ou deux fois l'an, n'apparaît pas comme un abus ni une excentricité. C'est une attitude de survie, de lutte efficace contre le vieillissement ; il permet d'accéder à ses possibilités optimales.
Le jeûne, ainsi considéré, se passe généralement dans un état de satisfaction. Il permet de vérifier qu'aucune crise importante n'apparaît plus et, également, de constater que les forces ne disparaissent que raisonnablement et reviennent suffisamment vite : le fonctionnement de l'organisme est alors correct.

4 – L'APRES JEÛNE
L'après jeûne représente généralement une période de vie différente de l'avant jeûne.
Souvent le jeûneur a appris à reconnaître son corps et particulièrement les organes qui le font souffrir ; il a compris les efforts qu'il doit accomplir pour accéder à la santé. Tout cela le marque et, habituellement, il en tiendra compte dans son après jeûne.
Et c'est bien ainsi, car le jeûne n'est pas une panacée ; revenir à ses anciennes et mauvaises habitudes équivaudrait à prendre le risque de voir ses troubles, disparus en cours de jeûne, resurgir avec vigueur. La force de vie qui existe dans un organisme est extraordinaire. Il suffit de l'utiliser à bon escient et de nombreux "miracles" (ou considérés apparemment comme tels) peuvent se produire.
C'est tout l'ensemble du mode de vie qu'il faut envisager de transformer. C'est dans cette intention que nous avons été amenés à créer une réflexion sur le comportement.
Nous avons rassemblé l'ensemble de nos observations dans une pratique que nous avons appelée bio-analyse : c'est-à-dire une analyse de son vécu, nécessaire pour déterminer de nouveaux choix de comportements qui permettront un fonctionnement harmonieux de l'organisme.
Cependant, il ne faut pas s'imaginer qu'il est possible de réaliser n'importe quelle progression. Il est des situations limites qui ne peuvent autoriser que des résultats relatifs. Etre réaliste est aussi une nécessité hygiéniste, ne serait-ce que pour prendre des dispositions avant que de parvenir à des situations limites dont nous désirons vous entretenir.

5 – LA VALEUR DU JEÛNE

Les limites du jeûne
Le jeûne est une technique vraiment extraordinaire pour la rénovation de la santé : mais il existe des limites à ses possibilités, limites qui dépendent d'ailleurs de l'état réel de la santé du patient préalablement au jeûne. Cet état n'est pas toujours réellement perceptible. C'est souvent au cours du jeûne que se révélera au patient la situation exacte de son état sanitaire.
Certains sont déçus de se percevoir dans cet état toxémique. Les personnes réalistes prendront conscience que le jeûne ne leur aura pas permis de terminer le "travail" d'élimination. Ils souhaiteront recommencer et ils auront raison. Nous sommes partisans des jeûnes à répétition espacés de 4 à 6 mois environ. Le patient ira à chaque fois jusqu'à une limite raisonnable de ses possibilités.
Par ce procédé de jeûnes successifs, nous avons assisté à des rénovations sanitaires qu'un jeûne prolongé excessivement n'aurait pas autorisées, compte tenu des possibilités des patients.
Dans un ouvrage, les "Fondements de l'hygiène vitale", nous avons abordé les problèmes soulevés par les situations irréversibles dans les cas de grande détérioration de l'organisme.
Nous pensons que le jeûne agit toujours dans le sens de l'intérêt de la NATURE qui est de maintenir la VIE et d'utiliser celle-ci pour se perpétuer. Mais lorsque l'organisme est devenu non viable, il devient inapproprié à promouvoir la vie et le plan de la nature consiste alors à le rejeter en le supprimant.
C'est dans cette situation (extrêmement rare) que peuvent se produire les accidents soi-disant imputés au jeûne, mais qui sont en réalité la conséquence d'un état préalable qui est déjà la non-viabilité.
C'est pourquoi le conseiller de jeûne devra agir avec beaucoup de circonspection face à certains jeûneurs qui peuvent potentiellement être dans cette situation limite.
Dans ce cas, le jeûne prolongé est formellement déconseillé. L'entrée de jeûne par les paliers alimentaires sera alors la technique majeure à utiliser pour détecter ces personnes. En effet, elles perdent leur poids inexorablement même en régime associé. S'il faut recourir au régime complémenté pour maintenir le poids, il faudra redoubler de prudence. Les accidents proviennent d'une entrée brusque en jeûne ou à la suite d'un prolongement excessif du jeûne.
La méthode que nous préconisons, en encadrant strictement l'entrée et la sortie, amoindrit les probabilités d'accident.

Les espoirs à placer dans le jeûne
En dehors des limites énoncées précédemment, quels espoirs de recouvrer la santé peut-on placer dans le jeûne ?
Dans les cas de bonne santé ou de moyenne vitalité, il n'y a pas d'improbabilités : le jeûne apportera certainement un état de mieux-être. Ce sera la voie royale pour accéder à un niveau supérieur de santé. Le problème se pose différemment lorsque la vitalité est réduite. Dans ce cas, il faudra simplement observer, dans une première expérience, de simples réductions en adoptant les régimes proposés dans la méthode des paliers alimentaires.
Il arrivera parfois que le jeûne hydrique ne pourra pas être vraiment abordé et pourtant le stagiaire ressentira déjà un mieux être à l'issue de son expérience.
Plutôt que de parler de jeûne rénovateur, il serait plus adéquat de présenter la réussite à partir de l'accroissement de l'élimination observée au cours des régimes restrictifs.
Le jeûne hydrique autorise l'élimination maximale qui se traduit, lorsque la toxémie est importante, par l'apparition impromptue de crises sous diverses formes.
Dans l'entreprise de régénération qui est souhaitée, il faut favoriser ces crises mais ne pas les porter à leur paroxysme, ce qui contraindrait souvent le candidat jeûneur à abandonner le processus engagé.
Au contraire, lorsque la progressivité est bien adaptée à chaque cas, de grands espoirs de réussite peuvent être espérés par la pratique des régimes restrictifs, puis par le jeûne proprement dit.
Dans ce contexte de progressivité, la sortie du jeûne (ou des expériences précédant l'arrivée au jeûne) possède une importance capitale.
Mieux vaut une expérience courte ou moyenne avec une sortie satisfaisante, qu'un jeûne excessivement prolongé se terminant en difficulté.
Au cours des jeûnes successifs, le stagiaire percevra les progrès qui se réaliseront. Il constatera que, peu à peu, il lui sera possible d'accroître le nombre de jours en jeûne hydrique sans risquer de crises violentes. Il sentira ses forces revenir plus rapidement, bien que ses jeûnes soient plus longs qu'ils ne l'étaient antérieurement. Il se rendra compte que, d'un jeûne à l'autre, sa vitalité s'accroît et qu'elle se maintient durant les périodes normales d'alimentation. C'est cela le bon chemin pour le retour à la santé.
Au contraire, les expériences de jeûne accomplies brutalement et sans tenir compte des réactions corporelles aboutissent souvent au rejet du jeûne. Ceci est regrettable et ne tient qu'à une mauvaise pratique de son approche.
C'est d'ailleurs pourquoi nous pensons que la pratique du ou des premiers jeûnes devrais se faire avec l'aide d'un conseiller de jeûne compétent.

 

 

 

5°/ COMPLÉMENT D'INFORMATIONS SUR LE DÉROULEMENT DU JEÛNE
Texte de Désiré Mérien

I - Le rôle du jeûne

Il est attribué de nombreuses caractéristiques au jeûne. C'est tantôt un régime amaigrissant, tantôt une thérapeutique miraculeuse qui guérit toutes sortes de maladies. Pour d'autres, enfin, il constitue un moyen de pression –lors de grève de la faim- auprès des pouvoirs publics.

Au sens hygiéniste du terme, le jeûne n'est rien de tout cela strictement. S'il est exact que le fait de jeûner diminue le poids d'une personne par autolyse de ses propres tissus, le jeûne n'est pas un "régime" seulement amaigrissant.

Si de même les symptômes de maladie disparaissent à l'issue d'un jeûne, l'hygiénisme ne le considère pas comme une "thérapeutique".

Quant à ceux qui font croire que le jeûne met leur vie en cause, ce sont des ignorants des lois de la vie et en particulier de celles qui régissent l'abstention de nourriture. Les grèves de la faim sont des supercheries qu'il faut dénoncer. Il est regrettable que les partisans de la non-violence usent d'un stratagème hypocrite pour arriver à leurs fins. La propagation de contrevérités constitue également une violence à l'égard des faits réels de la vie.

Comment pouvons-nous simplement définir le rôle réel du jeûne ? Très schématiquement, ce rôle nous apparaît sur deux plans :

1 – la revitalisation de l'organisme

Le rôle de l'énergie vitale est fondamental pour le maintien de l'état de santé dans un organisme vivant. Or l'organisme recherche toutes les occasions d'accroître son capital énergétique. Le jeûne représente l'un de ces moyens.

En effet, la mise en repos de la fonction de digestion, le ralentissement de celle d'assimilation, permettront à l'organisme de faire une importante économie d'énergie.

Par ailleurs, au cours du jeûne ou repos physiologique, la direction subconsciente de l'organisme vient supplanter la direction consciente qui anime la fonction relationnelle.

Le ralentissement des activités relationnelles (musculaires, sensorielles, cérébrales) permet d'accroître la récupération énergétique.

Les différents repos observés favorisent la création d'énergie vitale.

Ainsi, le jeûne constitue la relaxation subconsciente idéale. Il peut restituer une énergie vitale devenue insuffisante pour assurer le déroulement normal de la vie.

2 – l'élimination des toxines excessives

Il existe toujours des toxines en quantités importantes dans un organisme. Mais celui-ci, contraint pas sa volonté consciente à effectuer de nombreuses activités, n'assure pas toujours cette élimination des toxines si indispensable pour la bonne marche de la vie des cellules du corps.

Au cours du jeûne, la volonté subconsciente modifie la répartition énergie dans l'organisme. L'énergie est dispensée sur les secteurs où une élimination toxinique s'avère nécessaire. Cette situation est particulièrement évidente au niveau des organes excréteurs (reins, foie, peau, poumons). Il est fréquent que ces organes engendrent des symptômes relais divers, parfois sous forme de crise, qui correspondent à une accentuation de l'élimination toxinique en ces endroits précis.

Ces troubles relais cessent lorsque le taux de toxémie devient inférieur au seuil de tolérance toxinique accepté par l'organisme. En plus, le jeûne permet d'établir une marge de sécurité suffisante entre la toxémie et le seuil de tolérance toxinique qui assure le maintien de la santé pendant une période plus ou moins longue à la suite du jeûne.

L'élimination toxinique se produit également lors de l'autoconsommation des tissus –ou autolyse- qui est un processus normal au cours du jeûne. Par ce fait, le jeûne permet la rénovation d'organes en détruisant les cellules altérées.

La revitalisation de l'organisme et l'élimination toxinique constituent donc le double rôle du jeûne. Il est intéressant d'observer les différents processus qui, au cours du déroulement du jeûne, permettent d'accomplir ces tâches.

II – le déroulement de départ de jeûne

1 – le poids de départ du jeûne

Avant de se lancer dans un jeûne, il est nécessaire de tenir compte de la valeur approximative du poids de départ de jeûne (qui représente les réserves de l'organisme) pour évaluer si le candidat jeûneur se trouve déjà au-dessus ou au-dessous du poids moyen normal. Pour une stature osseuse donnée, ce poids moyen normal est bien plus faible que les poids habituels de la plupart des personnes.

Le poids d'un individu dépend –pour une grosse part- de la nature de son régime alimentaire. Les européens sont en général suralimentés et leur poids excessif correspond à des états de profonde toxémie. Le seul fait de revenir à des habitudes de vie plus sages provoque une diminution de ce poids initial.

L'excès de poids chez les européens provient aussi du fait qu'ils sont de grands consommateurs de sel de cuisine (chlorure de sodium : NaCl). Ce sel est un rétenteur d'eau et également un agent suppresseur des symptômes qui accompagnent les états toxémiques.

Comme produit "organoleptique", le sel de cuisine stimule l'organe du goût et en effet sert à "épicer" les plats. Contrairement aux affirmations des doctrines diététiques officielles, son ingestion artificielle est inutile, parce qu'il existe en quantité suffisante dans de nombreux aliments. Sans doute, le jeûne permettrait aux personnes qui n'apprécient plus les aliments dans leur état naturel de retrouver le goût d'une salade ou d'une carotte sans préparation d'aucune sorte.

Lorsqu'une personne abandonne le sel –notamment lors du choix d'un mode de vie hygiéniste- son poids diminue. C'est la quantité d'eau retenue dans le corps, pour inhiber l'action néfaste du sel, qui s'en va.

Pour ces raisons, le poids normal d'un individu se situe à un niveau bien inférieur à celui de l'"anormal" préconisé par les tenants des doctrines officielles. Ce poids "officiel" est déclaré correspondre à autant de kilogrammes qu'il y a de centimètres au-dessus du mètre pour atteindre la taille. Par exemple, pour 1,70m : 70kg. Pour calculer le poids moyen "hygiéniste", il faut compter 10kg de moins que le nombre de cm au-dessus de 100. Cela fait pour 1,70m : 70 – 10 = 60kg. Au-dessous de 1,60m, retirer 8kg ; au-dessus de 1,80m, retirer 12kg.

Il faut aussi noter que les maigres qui n'assimilent pas ce qu'ils mangent sont également des personnes toxémiques. Pour eux, l'élimination de leur toxémie par le jeûne modifierait leur métabolisme, permettant un accroissement de poids. Mais le problème de réserves limitées, que nous aborderons avec la sortie du jeûne, peut intervenir dans le déroulement de ces jeûnes.

2 – la mesure du poids pendant le jeûne

Nous proposons aux jeûneurs de repérer leur poids deux fois par jour, le matin un peu après le réveil et le soir quelques temps avant de s'allonger pour passer la nuit. Ces deux mesures ont leur intérêt. Elles permettent de localiser, sur les vingt-quatre heures de la journée, les périodes au cours desquelles les pertes de poids –donc l'élimination- sont les plus accentuées.

En règle générale, les pertes de poids les plus importantes sont observées pendant la nuit. L'élimination y est plus vive parce que l'énergie vitale est plus concentrée sur cette fonction, alors qu'au cours de la journée elle est en partie dissipée à l'extérieur (lumière vive, conversation, déplacement, etc.).

La chute de poids est en général plus forte dans les premiers stades du jeûne. Plus l'organisme est toxémique, plus la perte de poids sera vive. Souvent, cette perte de poids peut correspondre à une normalisation du poids du jeûneur.

3 – les paliers pondéraux au cours d'un jeûne

Certains jeûneurs en arrivent, malencontreusement, à confondre la notion d'élimination toxinique avec celle de la perte de poids. L'utilisation des paliers alimentaires (ou paliers pondéraux) au cours de la préparation de l'entrée de jeûne induit parfois le jeûneur dans cette erreur d'appréciation.

La perte de poids représente une situation d'élimination accentuée, et donc la mesure de cette perte de poids permet d'évaluer l'accélération de cette élimination. Mais notons bien que l'élimination toxinique existe en poids stable, heureusement, sinon nous nous intoxiquerions jusqu'à en périr.

De même que la création de toxines est une action permanente qui résulte du métabolisme existant dans un organisme, de même l'élimination de ces toxines est, elle aussi, constante et assurée normalement par la chaîne des organes excréteurs qui constituent la fonction excrétrice.

Nous répétons pour qu'il n'y ait pas d'équivoque sur cette question : la perte de poids exprime une élimination accentuée, mais celle-ci existe toujours à un niveau moindre effectivement en poids stable.

Au cours d'un jeûne, nous notons les variations du poids sur un graphique, afin de visualiser la courbe pondérale. Celle-ci est également appelée "courbe métabolique" parce qu'elle permet de se rendre compte du résultat des deux phases du métabolisme : l'anabolisme qui représente l'assimilation des nutriments et leur utilisation par la cellule, et le catabolisme qui constitue la phase de destruction des déchets que sont les toxines cellulaires, leur sortie de la cellule et leur prise en charge par le liquide intercellulaire, la lymphe, puis le sang.

Durant le jeûne, tant l'élimination toxinique que les pertes de poids sont inégales : les régressions pondérales apparaissent comme le résultat de la décision de la volonté subconsciente de l'organisme d'accentuer ou de ralentir l'élimination toxinique. Donc, la courbe pondérale suite en général une allure d'escalier comportant des marches plus ou moins longues que nous appelons paliers. Chacun de ces paliers correspond à un poids qui demeure constant durant plusieurs jours : ce sont les paliers pondéraux, encore appelés paliers alimentaires, car chacun correspond à un métabolisme alimentaire particulier, même au cours du jeûne où le corps consomme ses propres tissus par autolyse.

Le déroulement de ces paliers est très intéressant à observer par le conseiller de jeûne. Ordinairement, les paliers sont brefs en début de jeûne. Leur rupture s'accompagne d'une recrudescence des symptômes d'élimination, parfois de l'apparition de symptômes relais engendrés par divers organes.

Le conseiller de jeûne, comme le jeûneur, ne peuvent que constater le déroulement des paliers, induits par la volonté subconsciente du jeûneur, et qui par conséquent échappent à toute décision de la volonté consciente.

Nous avons parfois assisté à des paliers particulièrement longs ; le plus long que nous avons constaté s'étalait sur quatorze jours. Cela crée parfois des problèmes chez les jeûneurs qui s'irritent du fait que l'élimination ne leur semble pas assez accélérée. Mais il faut laisser faire la volonté subconsciente qui dirige toujours pour le mieux les processus au niveau cellulaire. D'ailleurs, le conscient ne peut que rompre un palier en ralentissant l'élimination par la prise d'aliments ; il ne peut en aucune sorte provoquer une accentuation de l'élimination.

En général, vers la fin d'un jeûne, il y a une atténuation des ruptures de paliers. Ceci se manifeste par une courbe pondérale (ou métabolique) qui tend vers une ligne presque horizontale. La visualisation de cette courbe permet, entre autres éléments, de signaler l'approche de la fin réelle du jeûne.

III – Les battements cardiaques

1 – le rôle du cœur

Le rythme des battements cardiaques n'est pas indépendant de notre état sanitaire. Pour l'européen, exagérément suralimenté, ce rythme est plus élevé que celui de l'adepte des méthodes vitales. Dans une situation normale, le nombre des pulsations cardiaques doit se situer entre 50 et 70 battements par minute. Si vous vous trouvez dans une autre situation, extrême, il y aurait lieu de réfléchir plus encore à votre mode de vie.

Le sang joue en effet un rôle très important, non seulement dans l'approvisionnement des cellules de l'organisme en éléments indispensables à sa vie –nourriture et oxygène- mais également dans l'évacuation des déchets provenant du métabolisme cellulaire, vers les émonctoires appropriés (foie, reins, peau). Que l'un ou l'autre de ces postes de travail soit alourdi et le cœur en subira les conséquences.

Au niveau approvisionnement des cellules de l'organisme, l'effort qui sera sollicité du cœur dépendra en partie des aliments ingérés : de leur spécificité, c'est-à-dire de leur adaptation aux possibilités digestives du corps humain, de la qualité biologique de leur obtention, et de leur préparation culinaire.

L'homme est un frugivore. Les fruits sont les aliments spécifiques de son organisme. Pour un apport semblable en éléments indispensables à la vie du corps, ils nécessiteront un travail moindre des organes intervenant dans l'élaboration de l'assimilation de ces éléments. Par contre, les sucres des céréales sont complexes et nécessitent un gros travail de la part des organes digestifs pour leur transformation en sucres simples, seuls assimilables par l'organisme.

L'ensemble de ce travail se perçoit très nettement au niveau des pulsations cardiaques. La digestion d'un repas comportant des céréales provoque une augmentation très nette du rythme cardiaque.

Il est d'ailleurs possible d'établir toutes les heures un relevé de ces pulsations en nombre de battements cardiaques par minute. Le graphique présentera une courbe en "cloche", pointe vers le haut, à la suite de l'ingestion des repas. On s'apercevra alors que la digestion d'un repas de céréales est plus laborieuse que celle d'un repas de fruits.

Cet effort accru demandé au cœur produit une euphorie digestive. Cela traduit le fait que c'est toujours à l'occasion de la dépense d'énergie que celle-ci nous est révélée.

Donc, la diminution de la quantité de céréales ingérées économisera les efforts demandés au cœur. Par la suite, l'énergie vitale ainsi libérée sera affectée à des tâches d'élimination beaucoup plus urgentes.

Un raisonnement analogue nous conduit à éviter de consommer des aliments de mauvaise qualité –obtenus par des procédés faisant intervenir les engrais chimiques, pesticides et insecticides divers. Egalement, il est raisonnable de préparer des repas dont les divers aliments seront associés convenablement. Cela économisera le cœur et diminuera la quantité d'énergie utilisée pour effectuer la digestion des repas.

Au niveau de l'évacuation des déchets provenant du métabolisme cellulaire, le rôle du sang est essentiel.

Il est intéressant de noter que des efforts physiques font accroître le rythme cardiaque, qui varie selon l'importance de l'activité. Ceci s'explique par le fait que les cellules font des demandes accrues sur les deux fonctions du sang. Au niveau de l'approvisionnement, le sang doit fournir aux cellules davantage d'oxygène et de glucose, parce que l'utilisation de ces substances est accélérée. La nécessité de l'évacuation des déchets devient plus urgente, car ceux-ci sont plus rapidement engendrés.

De même, lorsqu'une élimination intense au niveau cellulaire est provoquée par l'instinct somatique, ou volonté subconsciente, il est fréquent que le rythme cardiaque s'accélère pour effectuer l'évacuation des toxines. Une entrée abrupte en jeûne crée parfois des emportements préjudiciables au fonctionnement du cœur, si les forces éliminatrices jusque-là bloquées se déchaînent trop brusquement. Il est donc conseillé de préparer le jeûne en diminuant l'alimentation régulièrement et lentement par paliers.

2 – les pulsations pendant le jeûne

Pendant un jeûne, le nombre de battements cardiaques ou pulsations traduit l'effort que le cœur fournit pour favoriser l'activité d'élimination. En notant matin et soir –après 15 mn maximum de repos allongé- le nombre des pulsations cardiaques, nous pouvons réaliser une courbe reflétant cet effort cardiaque au cours du jeûne.

De même que pour la digestion d'un repas, le nombre de pulsations augmente en début de jeûne, passant de 60 à 80 parfois, puis ce nombre revient vers les 60. Cela donne un profil de courbe des pulsations cardiaques assez irrégulier en début de jeûne et tendant à se stabiliser en fin de jeûne.

Nous remarquons que l'augmentation des pulsations correspond en général à une perte de poids : les deux choses indiquent une accentuation de l'élimination. En palier le nombre de pulsations est relativement stable.

Tout paraît donc se passer comme si l'organisme, au cours du jeûne, éliminait intensément par saccades –choisies par le subconscient- entrecoupées de périodes d'accalmie.

Parfois, le nombre de pulsations grimpe à 120-130 par minute, ce qui correspond à un effort physique qui se produit au cours d'une course à pied. Cette situation s'appelle la tachycardie. L'effort d'élimination toxinique devient alors violent, et la perte de poids est sévère. Cela s'accompagne parfois de l'apparition de symptômes relais.

Si cette période est brève, il n'y a pas lieu de trop s'inquiéter, mais si elle se prolonge, il est évident qu'il est nécessaire de se référer à l'opinion d'un conseiller de jeûne compétent pour éviter bien des déboires.

Il faut bien comprendre que l'organisme a la possibilité d'agir avec force, notamment au niveau cardiaque.

Cependant, ces efforts cardiaques, musculaires, respiratoires, excréteurs ou autres ne devraient pas être "poussés" au-delà d'une limite raisonnable.

Le plus souvent, l'organisme "sent" cette limite par instinct. Mais lorsque cette décision salutaire ne vient plus de l'intérieur, il faut que la personne excessive dans ses activités soit guidée correctement de l'extérieur.

Il est à noter que l'enfant agit parfois excessivement en allant hors de ses limites. C'est l'expérience vécue qui permet souvent de connaître ses propres limitations.

En fin de jeûne, il y a une grande analogie entre la courbe pondérale et la courbe de pulsations : elles possèdent un "profil plat", presque horizontal. C'est un signe annonciateur de la véritable fin du jeûne qu'un bon conseiller de jeûne doit être capable d'apprécier convenablement.

IV – l'accroissement de l'élimination cellulaire

1 – symptômes d'élimination

Pendant le jeûne, la vie de relation –au niveau musculaire notamment- est ralentie. Le jeûneur sent que ses forces le quittent.

Le degré du retrait d'énergie est très variable selon les individus. En général, pour ceux qui sont en bonne santé, la faiblesse ne devient pas extrême. Ces personnes maintiennent la capacité de se promener un peu. Il y a même ceux qui continuent leur travail journalier en jeûnant. Néanmoins, nous ne préconisons pas cette façon de jeûner : les jeûnes les plus efficaces s'effectuent lorsque l'ensemble des repos est respecté.

Mais pour l'individu très toxémique, en particulier le grand malade, l'abattement peut atteindre l'état de prostration. Il se trouve obligé de rester allongé au lit. Cette faiblesse traduit une modification dans la répartition de son énergie vitale, dirigée plus vers l'élimination toxinique que vers la vie relationnelle. Mais malheureusement, ce fait n'est pas assez souvent compris, et un découragement moral s'ajoute à l'abattement physique. Le jeûneur s'irrite parce qu'il ne se sent plus capable de participer à ses activités habituelles, et on constate fréquemment la décision de rompre le jeûne. Pour réussir dans sa rénovation sanitaire, le jeûneur devrait comprendre que son état de faiblesse lui est bénéfique, et accepter le repos que sa situation lui impose.

La fonction de l'appareil digestif est suspendue en ce qui concerne ses activités habituelles. En effet, les muqueuses des intestins grêles notamment –en contact avec le milieu extérieur qui traverse le corps de la bouche à l'anus- inversent leur rôle. Précédemment, elles favorisaient le passage des éléments du chyle vers les vaisseaux sanguins, ou chylifères. Durant le jeûne, cette fonction est interrompue : le passage ne se fait plus de l'intestin vers le milieu intérieur du corps. Les intestins grêles servent d'organes d'excrétion des toxines qui traversent la paroi de l'intestin, du milieu intérieur vers le milieu extérieur, situé dans l'intestin.

L'amplification de leur rôle d'organe excréteur est évidente : nous pouvons avoir une idée de ce qui se passe au niveau intestinal, en observant l'aspect de la langue du jeûneur. Celle-ci se charge et devient pâteuse.

Les poumons contribuent également à aider l'élimination qui s'est mise en route. Les échanges gazeux au niveau des alvéoles pulmonaires sont accélérés. Ceci provoque l'évacuation de gaz à l'odeur nauséabonde qui donne à l'haleine son odeur fétide.

Langue chargée et haleine très forte sont des signes qui indiquent qu'un travail intense d'élimination s'effectue pendant le jeûne.

Les organes excréteurs –foie, reins, poumons, peau- contribuent dans la plupart des cas à accroître l'élimination cellulaire. Des symptômes peuvent survenir chez ces organes excréteurs : inflammations de la peau, douleurs rénales. Mais des symptômes relais peuvent également se produire en toute partie du corps : à l'oreille, à la gorge, etc.

Ces signes s'accompagnent par intermittences de symptômes douloureux –réveil d'anciennes "maladies" qui repassent par leur phase aiguë, durant le jeûne, avant de disparaître définitivement. Ces retours aux crises aiguës et douloureuses, que nous appelons crises d'élimination, indiquent que la "maladie" en question n'avait jamais été annihilée complètement par les traitements suppresseurs que l'organisme avait été contraint de subir. Ces souffrances sont bénéfiques ; il importe de bien connaître leur signification afin de ne pas se rebeller sottement à leur encontre, ce que fait un grand nombre de personnes qui n'appréhendent pas la signification du symptôme douloureux.

La douleur peut s'accroître très fortement à l'occasion d'un jeûne. Les phases très aiguës des douleurs se produisent surtout lorsque le corps est dans une situation extrêmement toxémique. L'intensité de l'élimination est alors la cause de l'accroissement de la douleur.

Cependant, il sera toujours recherché de ne pas laisser la douleur atteindre une phase paroxysmale difficilement supportable. Au niveau de l'élimination préalable au jeûne, il y aura lieu de procéder progressivement par la technique des paliers alimentaires pour ne pas être sujet au déclenchement de ces grandes crises douloureuses. Le jeûneur devrait éviter les pertes inutiles d'énergie vitale qui contribuent à provoquer les crises excessives.

L'économie d'énergie vitale sera réalisée en ralentissant les activités relationnelles :

a – en réduisant les exercices musculaires
L'activité physique, dans cette perspective d'économie d'énergie, doit être diminuée. Les efforts physiques et même la promenade seront momentanément supprimés. La simple station debout prolongée devra être évitée.

b – en réduisant les contacts avec l'environnement
D'une manière générale, l'organisme devra éviter le froid et le chaud sous toutes les formes. Ces situations nécessitent la mise en route de systèmes compensateurs de régulation thermique du corps qui dissipent de grandes quantités d'énergie. Ainsi, il faudra momentanément renoncer aux bains prolongés. Même sir la simple douche à l'eau tiède, rapidement prise, est encore dispensatrice d'une énergie fort précieuse par ailleurs. Durant le jeûne, une température de 18° à 22° est idéale pour l'organisme. Mais la température de l'air inspiré devrait se situer entre 16° et 20°, pour éviter de ralentir l'excrétion pulmonaire. Il faut se garder de surchauffer les chambres des jeûneurs.

c – en réduisant les activités sensorielles
L'idéal serait de suivre l'adage hindou "ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre". Il faut donc éviter les écoutes excessives d'appareils sonores, les lectures prolongées, les bavardages ininterrompus. La meilleure attitude consiste à considérer le jeûne comme une retraite qui coupe momentanément de toutes les activités extérieures.
L'hygiène vitale rejette la possibilité de médicaments suppresseurs de la douleur, et nous insistons sur le fait que leur utilisation pendant le jeûne est plus qu'inutile. Ces médicaments s'opposent à l'élimination qui se manifeste dans certaines parties du corps par des douleurs ; donc ils retardent le rétablissement de l'organisme.
De plus, leur emploi peut être très dangereux. Les organes excréteurs ont déjà un gros travail dans la transformation des toxines cellulaires qui sont libérées au cours du jeûne. Le fait de surajouter des médicaments, qui sont des poisons, accroît la toxémie générale du corps et surmène les organes excréteurs.

2 – l'accroissement de la température du corps

La température du corps dépend de son métabolisme. Les individus vivant anormalement, et se considérant être dans une situation normale, ont estimé que la température constante qui est celle de leur corps, dans leurs conditions habituelles, devait être la température normale des humains. Ils la situent vert 37°.

Mais, plus souvent, elle atteint 37,1° ou 37,2°.

La température "hygiéniste" est constante également, mais légèrement plus basse : 36,8° à 37°.

Si une personne saine a une température corporelle de 36,8°, il est absolument inutile qu'elle se suralimente pour atteindre 37°.

Pendant le jeûne, il n'est pas fréquent qu'il se produise une élévation de température, même si le jeûneur est persuadé qu'il a les symptômes de la fièvre. Une simple vérification avec un thermomètre médical suffit à préciser la situation.

Mais comme au cours habituel de la vie, il arrive parfois que la fièvre apparaisse durant le jeûne. Il s'agit d'un processus d'accélération de l'élimination. En toute situation, jeûne ou non, on doit en être satisfait et savoir qu'une journée avec température équivaut –pour l'élimination- à plusieurs autres sans température. Il ne faut surtout pas prendre de produits destinés à combattre et faire descendre cette température, contrairement aux avis officiels.

V – la fréquence des selles

La fréquence –ou plutôt l'absence- des selles est une préoccupation permanente de nombreuses personnes vivant à cette époque. Et parce que, le plus souvent, il se produit un arrêt des selles pendant le jeûne, la constipation devient une obsession chez les jeûneurs. Ceux-ci demandent s'il faut effectuer des lavements ou des purges. Il n'est pas rare qu'ils insistent en affirmant que ces procédés de vidage sont absolument nécessaires, et qu'ils les réalisent eux-mêmes, même après en avoir été déconseillés. Ce problème de constipation est si répandu et si mal compris qu'il nous apparaît opportun de bien nous expliquer à son sujet.

Le mythe de la putréfaction intestinale est entretenu très fortement par les écoles "officielles", mais également par les "parallèles" –notamment les naturopathes.

L'absorption du chyle intestinal se fait au niveau de l'intestin grêle par action sélective et osmotique. C'est-à-dire que l'instinct somatique ou volonté interne a la possibilité de décider du passage des aliments préparés au niveau de l'intestin à travers ses parois.

Le contenu des intestins est situa à l'extérieur du milieu intérieur des cellules du corps. Ce n'est qu'après le

Le gros intestin reçoit les résidus inutilisables de l'intestin grêle. Une valvule à sens unique, située à l'entrée du gros intestin, s'oppose à leur retour.

Le gros intestin possède une muqueuse blanc cendré, épaisse, résistante, plissée mais dépourvue de valvule connivente et de villosités.

"L'activité sécrétoire du gros intestin est faible et son pouvoir digestif est pratiquement nul ; passé la valvule iléo-caecale, la digestion est terminée … L'intestin grêle assure la totalité de l'absorption digestive". (HERMANN et CIER, professeurs de physiologie à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Lyon – 1974).

D'autres auteurs estimeraient toutefois que des bactéries hydrolyseraient les celluloses situées dans le gros intestin pour engendrer du glucose qui serait absorbé sur place. Ceci semble très aléatoire. L'eau serait aussi partiellement absorbée sélectivement.

Le gros intestin émet un mucus destiné à faciliter le tractus des déchets provenant de la digestion et de l'absorption des aliments dans l'intestin grêle. Le gros intestin ne permet pratiquement plus aucun passage vers le milieu intérieur : c'est un lieu d'accumulation des matières fécales jusqu'à leur évacuation à l'extérieur de l'organisme.

Il est important pour le corps que des matières dangereuses, en putréfaction, ne demeurent pas au niveau de l'intestin grêle. Son action consiste à repousser vers le gros intestin ce qui est indésirable ou dangereux. Le corps ne fera jamais l'économie de son énergie pour effectuer cette première évacuation. Mais si le corps manque d'énergie vitale, il fera l'économie d'une seconde évacuation des matières fécales vers l'extérieur du corps ; c'est cette économie qui provoque la constipation.

Nous appelons cet état d'insuffisance d'énergie vitale "énervation". Pour éviter l'auto empoisonnement, le corps qui supporte un niveau très élevé de toxémie est obligé de mobiliser son énergie pour la réduction des toxines en excès plutôt que pour l'évacuation des déchets du gros intestin.

On constate aussi que pendant le jeûne, qui représente une période particulière où l'appareil digestion n'a plus à faire son travail habituel d'élaboration des aliments ingérés, l'énergie vitale se retire des organes de ce système, autant que cela est possible. Il semble que dès que la volonté subconsciente à l'occasion de projeter les forces de l'organisme vers la fonction d'élimination cellulaire, elle refuse de les divertir ailleurs, à moins qu'une décision de la volonté consciente l'oblige à le faire.

Comme n'importe quelle personne souffrant de la constipation, le jeûneur est souvent tracassé par le fait qu'il reste des matières fécales dans ses intestins. Ceci lui semble ne pas être en accord avec le jeûne qu'il conçoit comme une période de nettoyage.

Malheureusement, puisqu'il est le plus souvent ignorant ou conformé par un enseignement erroné en ce qui concerne le fonctionnement de ses intestins, il s'acharnera à contraindre son corps à effectuer cette seconde évacuation de matière fécale, que son instinct somatique refuse d'effectuer pour ne pas distraire l'énergie vitale d'autres secteurs où sa présence est beaucoup plus urgente. Pour réaliser cette seconde évacuation, il aura recours principalement à deux procédés : le lavement ou le laxatif.

Le lavement consiste à introduire de l'eau dans le gros intestin par l'anus. C'est l'existence de cette quantité d'eau excessive dans le gros intestin qui provoque le réflexe de vidage en seconde évacuation. Toutefois, cette quantité d'eau ramollit les matières fécales, ce qui facilite, leur expulsion. Certains prétendent que ce lavement doit être nécessaire lorsqu'il y a obstruction mécanique du canal de l'anus par durcissement des matières fécales. Cette argumentation est excessive. Le corps a la possibilité, en prenant le temps, de réduire la consistance des selles à une solidité telle que le passage à travers l'anus est réalisable.

Un laxatif peut être d'origine chimique ou élaboré à base de plantes. Ce laxatif étant un poison, la volonté interne du corps n'aura de cesse que sa nocivité soit annihilée. Pour ce faire, les matières fécales situées dans le gros intestin seront expulsées, parfois violemment si la dose du laxatif poison est très importante. Les parties du chyle précédant le laxatif poison seront rapidement acheminées en première évacuation dans le gros intestin, libéré maintenant par l'action du vidage précédent. Elles s'y accumuleront, et le corps maintiendra ses "premières évacuations" jusqu'au moment où tout le laxatif poison sera arrivé dans le gros intestin. Alors les efforts d'évacuation primaire et secondaire s'arrêteront.

La personne qui a usé d'un tel stratagème est satisfaite d'avoir obtenu une selle. Mais à quel prix ?

Son corps ne provoquait pas par lui-même la seconde évacuation –gros intestin- extérieure. Elle l'y a contraint par une de ces deux démarches qui produisent une évacuation de matières fécales artificiellement décidée, donc en dispersant une quantité importante d'énergie pour ce faire, énergie que l'instinct somatique avait estimé plus utile ailleurs.

Le corps de la personne qui manquait d'énergie vitale sera encore plus énervé qu'avant le début de cette malencontreuse opération. Et, de ce fait, la prochaine seconde évacuation, gros intestin extérieur, qui est tant recherchée, jusqu'à l'exacerbation, sera encore ralentie : d'où une nouvelle prise de laxatif poison et une aggravation en chaîne du phénomène constipation. Le seul moyen de rompre ce cycle infernal est de restituer au corps l'énergie qui lui manque : la constipation disparaîtra d'elle-même.

Pour le jeûneur non plus, ces méthodes artificielles de vidage ne peuvent avoir d'effet bénéfique. Le jeûne devrait être un repos corporel dans tous les sens, afin que l'élimination toxinique au niveau cellulaire puisse s'accomplir d'une manière efficace. Le fait de réaliser une purge ou un lavement distrait une quantité considérable d'énergie du travail d'élimination : cela aboutira à un nettoyage interne moins complet. Dans les cas de grandes maladies, où le patient jeûne avec l'espoir de retrouver la santé, chaque dissipation inutile d'énergie en diminuera sa réserve, réduisant la possibilité du retour à la santé.

On entend trop souvent dire que les processus artificiels de vidage intestinal favorisent l'élimination, mais nous venons d'expliquer qu'ils ont l'effet contraire. En réalité, celui qui réalise un lavement ou une purge avec l'intention d'améliorer l'action du jeûne confond ces deux fonctions : l'élimination toxinique au niveau cellulaire qui est un nettoyage profond d'une importance primordiale, et l'évacuation des déchets situés dans les intestins qui est moins urgente.

Contrairement à ce qui est trop souvent affirmé, l'absence de la seconde évacuation, gros intestin extérieur, ne comporte pas de risque. S'il y avait le moindre préjudice à redouter pour le corps, celui-ci provoquerait sur le champ une selle, comme il s'empresse de le faire lorsqu'il y prise d'un laxatif poison. En effet, au bout de 5 ou 5 jours de jeûne, toutes les matières fécales deviennent stériles sous l'effet du déversement de bile quotidien, et leur présence dans le gros intestin n'est pas nocive. Il suffit de regarder l'aspect des premières selles après un jeûne pour abandonner tout souci à ce sujet.

Pour ceux qui craignent une intoxication par les matières qui restent dans l'intestin grêle, nous rappelons le fait déjà mentionné que les muqueuses de cet organe inversent leur rôle pendant le jeûne. Au lieu de permettre le passage de l'intestin vers le milieu cellulaire du corps, elles servent d'organe excréteur, en rejetant dans le milieu extérieur de l'intestin les toxines du milieu intérieur. Pour cette raison, l'empoisonnement par absorption des substances contenues dans l'intestin grêle est pratiquement impossible.

Aussi, parce que les matières fécales sont rendues propres, et parce que le passage des intestins à l'environnement cellulaire n'existe pratiquement plus, il n'y a aucune utilité à réaliser un lavement ou une purge.

Pourtant, nous croyons que l'idéal est d'alléger naturellement le contenu des intestins préalablement au jeûne par la technique des paliers alimentaires. En diminuant progressivement la quantité de nourriture ingérée, et en même temps en réduisant la complexité des aliments, les intestins ont l'occasion de se vider normalement.

En effet, lorsqu'on effectue une régression des régimes alimentaires par les passages du régime associé, au régime d'élimination cellulosique, puis au régime d'élimination non cellulosique, et finalement au jeûne hydrique, les quantités d'énergie nécessaires à l'élaboration de la digestion –notamment au niveau intestinal- seront nettement moindres.

Pour la personne en bonne santé qui n'a pas un problème de constipation préalablement au jeûne, les intestins continuent le transit des matières fécales, en général jusqu'à l'entrée de jeûne.

Pour celui qui a un problème de constipation, il se peu que le corps se déconstipe par utilisation du surplus d'énergie ainsi économisé. Mais si la toxémie est très prononcée et si la réactivité somatique de l'organisme –c'est-à-dire la possibilité d'inverser rapidement et intensément la répartition de l'énergie dont dispose le corps- est suffisante, il se peut que la totalité des énergies soit projetée immédiatement dans la phase de l'élimination cellulaire. A ce moment, l'évacuation du gros intestin est à nouveau ralentie. Mais cela n'a pas grande importance puisque pratiquement aucun échange ne se fait entre lui et le milieu intérieur du corps. Il n'y a pas lieu de s'affoler. Bien au contraire, il faut laisser faire la volonté interne du corps qui agira (toujours) dans l'intérêt véritable de l'organisme. En général, avec la réduction de la toxémie par le jeûne, les évacuations des selles reprendront normalement après quelques jours de réalimentation.

Parfois, on constate une selle au cours même du jeûne. Ceci indique une résorption de la toxémie telle que la volonté subconsciente estime utile de projeter à nouveau de l'énergie au niveau du gros intestin pour provoquer une deuxième évacuation des matières fécales.

En tout cas, il ne faut pas se laisser entraîner vers l'obsession de la selle quotidienne ou pluri-quotidienne préconisée par certains auteurs, surtout pendant le jeûne.

La manière de traiter la constipation, telle qu'elle est effectuée en allopathie et souvent en naturopathie également, est un faux problème.

Le plus simple est d'expérimenter les données exposées et vous pourrez tirer vous-mêmes des conclusions de vos propres expériences. Nos affirmations proviennent de l'expérimentation et des observations des auteurs et praticiens hygiénistes et ont été consolidées par nos propres observations, expérimentations, et résultats qui se sont révélés satisfaisants.

VI – la température du corps

a – le jeûne, régulateur de la température

Le jeûne régularise la température du corps. S'il est adopté en cours de crise aiguë de maladie, la fièvre se stabilise généralement, puis la température régresse.

Nourrir un fiévreux accentue la progression de la température, cela est inutile est dangereux. De plus, il n'y a aucune appétence dans cette situation. Il est préférable d'écouter les informations données par l'organisme.

Le jeûne est donc utilisé pour faire "baisser" la température. En fait, celle-ci n'existe que tant que l'organisme est très toxémique. La réduction de la toxémie induite par le jeûne ne nécessite plus une crise aiguë aussi vive, et par conséquent une température aussi élevée.

Dans les situations de maladie chronique, on observe parfois une réduction de la température au-dessous de 37°. Tout se passe chez ces jeûneurs à vitalité plus ou moins réduite comme si le subconscient retirait l'énergie, le sang, de la périphérie de l'organisme pour les concentrer sur les organes excréteurs.

C'est dans cette situation que le jeûneur a froid. Il a tendance alors à rechercher une atmosphère surchauffée pour compenser cet état. Mais l'air surchauffé réduit l'élimination pulmonaire. Il est préférable de respirer frais de 16° à 20° environ et de se couvrir chaudement ou de se placer une source de chaleur douce (telle une bouillotte) à proximité des régions froides (pieds notamment).

Nous disons dans ces cas que : "le froid est chez le jeûneur" et cette situation peut se ressentir même en été chez certaines personnes.

Elle est liée à l'état toxémique et à la vitalité du jeûneur. Au fur et à mesure que la toxémie régresse et que l'énergie réapparaît, cette sensation de froid diminue jusqu'à disparaître normalement en fin de jeûne.

Notons que la température "normale" de l'homme est légèrement située en dessous de 37°, vers les 36°8/10.
C'est une accentuation du métabolisme –notamment chez les omnivores- qui provoque cette surélévation.

Lorsque le jeûneur s'approche de l'inanition –situation où les réserves de l'organisme sont épuisées- la température chute invariablement et ne peut remonter du fait de l'épuisement du corps. Il ne faut pas accéder à la phase de l'inanition qui suit l'extrême limite du jeûne.

b – la sensation de froid

Il se produit parfois un phénomène différent de ceux exposés précédemment. Le jeûneur ressent le froid alors même que sa température est demeurée normale. Il s'agit toujours d'une réduction de la circulation cutanée, liée à une inversion de l'énergie, projetée prioritairement vers les organes excréteurs ou les zones où se situe le travail prioritaire de désintoxication.

La réponse est la même que précédemment : revêtir le corps de vêtements chauds pour conserver la chaleur de l'organisme et, si nécessaire, réchauffer les extrémités par une source de chaleur douce. Mais surtout ne pas surchauffer l'air inspiré, ce qui réduirait considérablement l'élimination pulmonaire.

Inversement, les gros mangeurs –ainsi que certaines personnes dont le métabolisme est déséquilibré- ressentent un excès de chaleur dans l'organisme, dû à une intense irrigation sanguine des zones cutanées.

La régulation de la température dans l'organisme humain est bien précise et toute anomalie devient un signal d'alarme qu'il faut savoir interpréter correctement.

c – la sensation de chaud

A l'opposé des situations exposées précédemment, le jeûneur ressent parfois une sensation de chaud et il a l'impression d'être fiévreux. Il se précipite sur son thermomètre qui lui indique une température tout à fait normale.

C'est l'organisme qui "travaille" intensément pour éliminer ses toxines. Les symptômes ressentis sont analogues à ceux qui se produisent dans les situations de crises aiguës et par rapprochement le jeûneur s'imagine avoir de la température ; mais ce n'est pas le cas.

Ces impressions régressent et disparaissent lorsque l'élimination toxémique diminue. De toute manière, la sensation de quiétude ressentie dans l'organisme indique toujours un retour à l'état normal, qui devrait être l'état constant. Toute autre situation ne peut être que provisoire et il serait dangereux de la laisser se prolonger inopinément.

VII – le sommeil

Le sommeil du jeûneur dure moins longtemps qu'à l'ordinaire, ce qui ne manque pas d'inquiéter.

Il y a différentes explications à cette diminution de la durée du sommeil.

Tout d'abord, le jeûneur s'abstenant de nourriture, son organisme n'investit plus d'énergie pour accomplir la digestion. Cette énergie économisée, il ne sera pas nécessaire de la récupérer par le sommeil.

De même, les activités physiques ou intellectuelles étant moindres, il y a un ralentissement dans l'utilisation de l'énergie vers la fonction relationnelle. Ce sommeil n'est plus aussi nécessaire pour cette récupération.

Par ailleurs, et c'est sans doute la principale cause, la diminution du temps de sommeil est liée à l'apparition de multiples crises de régénération, dont certaines sont douloureuses. Ce sont souvent l'expression de tensions musculaires.

Ces douleurs, plus ou moins vives, plus ou moins permanentes, maintiennent le jeûneur en situation d'éveil.

Aussi les personnes toxémiques, c'est-à-dire celles qui sont considérées comme les plus "malades", sont-elles celles qui ont le sommeil le plus réduit.

D'une manière générale, les insomniaques sont des toxémiques avancés. Naturellement, en cours de jeûne, ces derniers accentuent encore cet état, ce qui n'est pas sans les angoisser.

Lorsque des insomniaques consomment des médicaments (genre Témesta par exemple) pour obtenir un sommeil artificiel, il leur est difficile de s'en passer brutalement. Les insomnies sont alors tenaces et parfois difficilement soutenables.

Parfois, après plusieurs nuits d'insomnies, la reprise de jus de fruits ou de légumes suffit pour couper l'élimination toxinique intense et un sommeil naturel –qui ne dure quelque fois qu'une ou plusieurs heures- survient. C'est le commencement de la réussite vers le retour au sommeil naturel.

Par ailleurs, il faut signaler que les insomnies vraies sont extrêmement rares. Le jeûneur à l'impression de n'avoir pas fermé l'œil de la nuit, mais dans la réalité, il a dormi plusieurs fois, mais sur des phases suffisamment courtes pour qu'il ne s'en souvienne pas.

C'est ce sommeil partiel et discontinu qui évite la détérioration du système nerveux.

Le retour au sommeil indique une rééquilibration énergétique intense et une régénération du système nerveux.

Aussi assiste-t-on fréquemment à la situation inverse d'un sommeil plus prolongé chez les jeûneurs qui n'ont pas de problèmes particuliers au niveau du système nerveux, ni de tensions corporelles importantes.

Ils sombrent souvent dans une torpeur continuelle extrêmement bienfaisante, régénérant encore plus vigoureusement leur système nerveux.

Souvent, les insomniaques parviennent, après un jeûne réussi, à cet état.

Il en est de même pour de nombreux malades asthmatiques, rhumatisants, ulcéreux, etc., insomniaques de par leur "maladie", qui retrouvent à l'issue d'un jeûne réussi un sommeil réparateur. Le jeûne permet donc la régénération de l'une de nos fonctions primordiales : celle du sommeil.

VIII – les trois périodes de jeûne

Le jeûne est un processus de revitalisation de l'organisme. Son déroulement présente des formes variées, toutes liées entre elles. Cependant, si on observe bien un nombre important de jeûnes, il se dégage une sorte de classification –arbitraire- en trois périodes particulières.

a) le jeûne primaire

C'est celui auquel on aboutit à l'issue de l'entrée de jeûne. Sa durée approximative est de l'ordre de la semaine. Il se caractérise par une perte de poids assez importante, des pulsations élevées, une élimination toxinique élevée se traduisant par des malaises –courbatures, douleurs diverses, sensation de vide due à la perte des forces … La température peut apparaître, exceptionnellement il est vrai, dans cette phase. C'est la période au cours de laquelle se produit l'inversion des forces au niveau relationnel vers les milieux nutritifs, s'accompagnant de l'apparition de la constipation, du refroidissement de l'extrémité des membres et souvent d'un abattement assez important.

D'une manière générale, ce jeûne primaire désencombre l'organisme des toxines superflues qui y existaient en trop grande quantité.

Ses effets sont assez abrupts lorsque les paliers alimentaires ne sont pas suffisamment suivis. Cette période de jeûne donne la sensation la plus désagréable aux grands toxémiques. C'est d'ailleurs pourquoi il se refusent maladroitement à pénétrer davantage dans les autres périodes de jeûne, craignant soit la continuation des troubles vifs qui viennent d'apparaître –reprochant même au jeûne de détériorer leur état- soit l'apparition d'une maigreur excessive pour ceux qui entreprennent le jeûne avec un poids de départ déjà réduit.

Ces craintes ne sont pas fondées. Après cette première période d'élimination toxinique intense, apparaît une nouvelle période.

b) le jeûne secondaire

La seconde période de jeûne s'étale approximativement sur les deuxième et troisième semaines de jeûne.

Mais il n'y a rien d'absolu ; cette période peut être plus courte ou au contraire se prolonger au-delà de cette durée.

Le jeûne secondaire est caractérisé par la cessation assez brusque des symptômes de la période précédente : il se produit une sorte d'accalmie dans la tempête du début de jeûne.

C'est au cours de cette période que s'effectuent des modifications profondes dans les cellules de l'organisme. Si au cours de la première période l'organisme était occupé à rejeter les toxines qui encombraient les milieux cellulaire et intérieur (lymphe et sang), maintenant apparaît un travail de rénovation important, en profondeur, dans chaque organe. C'est le jeûne secondaire organique.

Cette rénovation des organes s'effectue par le processus de l'autolyse. Simplement, l'organisme se nourrit de ses propres tissus. Il choisit de consommer tout d'abord les tissus graisseux, musculaires, mais ne touche pas aux cellules nobles, nerveuses par exemple.

Dans chaque organe existent des cellules, qui à force d'être envahies par les toxines, avaient fini par s'atrophier partiellement. L'autoconsommation de ces cellules avariées régénère les organes. Les organes excréteurs –foie, reins, poumons- sont particulièrement revigorés.

Il se produit de petites crises passagères, démarrant assez vivement et se finissant progressivement par succession d'apparition de nouvelles crises.

C'est au cours de cette période que se produisent les remises en ordre élémentaires au niveau d'organes divers.

Le jeûneur est satisfait car il lui semble avoir "guéri" des troubles qui affectaient tel ou tel de ses organes. Mais cependant, même si le jeûneur s'arrête à ce stade de son jeûne, celui-ci n'en est pas pour autant terminé. Une troisième période s'annonce alors, la plus bénéfique, la plus agréable aussi à vivre, lorsque toutes les conditions sont réunies pour terminer normalement le jeûne.

c) le jeûne tertiaire

Sans pouvoir être absolu dans la classification que nous suggérons, nous pouvons admettre que le jeûne tertiaire se situe au-delà de la troisième semaine de jeûne.

A l'issue de la rénovation organique, qui se poursuit néanmoins dans ce troisième stade –rien n'étant véritablement découpable systématiquement au cours du jeûne- les crises irrégulières qui se traduisaient par des apparitions de relais symptomatiques ont tendance à s'estomper, puis ne plus réapparaître.

Le jeûneur se demande alors s'il doit mettre fin à son jeûne. Mais d'autres signes tels la langue chargée, les battements cardiaques encore prononcés, les forces encore inexistantes, doivent inciter le jeûneur à poursuivre, avec l'aide d'un conseiller de jeûne expérimenté.

C'est en effet au cours de cette période que se produisent les rénovations les plus silencieuses, bien que les plus importantes pour l'organisme sont celles des réajustements fonctionnels.

Lorsqu'un organisme demeure très longtemps dans une situation de toxémie élevée, les organes finissent par être détériorés et fonctionnent de ce fait seulement à un certain pourcentage de leurs possibilités.

Un ensemble de ces organes détériorés constitue une fonction organique. Celle-ci est également affectée par l'état anormal de ses organes.

Au cours du jeûne tertiaire fonctionnel, nous assistons à la phase de rénovation inverse de celle de détérioration décrite ci-dessus. Les organes sont rénovés et, peu à peu, ils recherchent à réajuster leur efficience entre eux, jusqu'à obtention de la marche normale de l'ensemble fonctionnel.

Lorsque les réajustements fonctionnels sont terminés, c'est le corps tout entier qui se trouve dans la situation idéale de fonctionnement.

La fin réelle du jeûne s'annonce par des signes de bien-être, de grande satisfaction, produisant une sorte d'euphorie permanente dans la joie des retrouvailles avec son organisme. Le regard devient vif, la langue propre, les forces reviennent d'elles-mêmes, la faim réelle, sous une sensation agréable, est perçue. Les graphiques des courbes pondérale et des pulsations deviennent "plats" : les deux courbes demeurent pratiquement horizontales. C'est un beau moment à observer chez un jeûneur.